Author: La troupe du NTP

Chers amis, cher public,

L’année prochaine, nous créerons Œdipe-Roi et Œdipe à Colone de Sophocle sur le plateau de Fontaine-Guérin : un poème dramatique vieux de 2500 ans, la troupe du Nouveau Théâtre Populaire… et vous !

Comme toutes les tragédies antiques, la pièce est constituée du dialogue entre des protagonistes et un chœur. Dans le théâtre grec, ce chœur était interprété par des acteurs amateurs tirés au sort. A l’heure où vous avez permis par votre présence et votre soutien le rachat de la maison de Fontaine-Guérin, nous voulons franchir une nouvelle étape : c’est pourquoi nous vous proposons pour la première fois de partager le plateau avec nous.

La pièce 

L’histoire d’Œdipe est celle d’un homme qui commet sans le savoir la violation de deux interdits fondamentaux : l’inceste et le parricide. Quand la pièce commence, la Peste s’abat sur Thèbes. Les Dieux, par la voix d’un oracle, annoncent que le fléau n’épargnera pas les Thébains tant qu’ils n’auront pas retrouvé et châtié le meurtrier de Laïos, l’ancien roi de Thèbes. Œdipe, le nouveau roi, se lance alors dans une enquête tragique : il ignore encore qu’il est lui-même l’assassin de Laïos, il ignore que Laïos est son propre père, il ignore donc que sa femme, Jocaste, est sa propre mère. A force d’interrogatoires, il découvre la vérité.

Pourquoi Sophocle ?

Ajouter le théâtre antique à notre répertoire nous apparaît comme une nécessité et une évidence. Ce théâtre est le témoignage d’une société où le théâtre était une véritable institution civique. Sa pratique, jusque dans ses caractéristiques les plus concrètes, était comparable à celle du Nouveau Théâtre Populaire (théâtre de la parole, sans artifices, théâtre de plein air, théâtre adressé à tous et à chacun, rendez-vous annuels, art étranger à tout souci de rentabilité, dimension politique importante…) Sophocle est témoin d’un monde où tout est à réinventer – le théâtre, mais aussi la politique, le droit, la relation aux mythes. Il nous encourage à refonder perpétuellement, par la tragédie, la conscience de notre existence collective – ce que nous tentons de faire ensemble dans un monde toujours plus fragmenté, toujours plus virtuel, d’où la compassion est chaque jour plus absente.

Notre objectif 

Constituer un groupe de dix acteurs amateurs motivés, de tous âges, aussi différents que possible les uns des autres, pour incarner le chœur tragique. Ce chœur est une image de la Cité, c’est-à-dire qu’il est le porte-parole de ses inquiétudes politiques, de son souci de la justice et de sa soif de sens.

Les conditions requises

• Etre âgé de seize ans ou plus
• Avoir déjà assisté à une ou plusieurs représentations du Nouveau Théâtre Populaire
• Etre autonome pour les questions de transports, de gîte et de couvert
• Etre disponible aux dates de répétitions et de représentations

Le planning

– 15 février : fin de l’appel à participation
– 22 février : une journée d’audition est organisée pour constituer le groupe
– 1er mai : nous vous livrons le texte à apprendre en vue des répétitions
– du 23 au 29 juin : répétitions préparatoires (après-midi et soir) en présence des acteurs principaux
– du 23 juillet au 12 août : répétitions (matin ou après-midi)
– du 13 au 26 août : représentations (un soir sur trois)

Remarques

Aucune expérience théâtrale n’est requise pour proposer votre participation. Votre générosité, votre sens du groupe, votre capacité de concentration, votre désir de découvrir le théâtre de l’intérieur sont les seules qualités requises.
– Cette initiation, en cohérence avec l’esprit du festival, est totalement gratuite. Etant intégrés à la vie de la troupe pour la durée de cette édition, vous trouverez facilement mille autres manières de nous aider à mener à bien notre projet collectif !
– Pour réinventer cette parole chorale, notre spectacle nécessitera une part de travail musical. Le chœur sera aussi un chœur de percussionnistes. Là encore, aucune compétence préalable n’est nécessaire, cette initiation sera assurée par un percussionniste professionnel.
– La journée d’audition n’est pas une évaluation de vos qualités d’acteurs. C’est pour nous un passage obligé, car le spectacle ne permet pas d’engager plus de dix choreutes. Nous avons besoin de cette journée de rencontre pour constituer un groupe hétérogène et équilibré.

Comment nous contacter ?

Si vous êtes disponible à toutes les dates de répétition et de représentation, vous pouvez proposer votre participation. Il vous suffit pour cela de nous écrire à cette adresse avant le 15 février : oedipe[at]festivalntp.com Nous vous contacterons au plus vite pour organiser la journée du 22 février.

Depuis six ans, vous avez soutenu l’aventure du Nouveau Théâtre Populaire par votre présence. La vitalité de cette troupe tient à sa réinvention perpétuelle, à la quête ininterrompue d’un théâtre réellement populaire. Aujourd’hui, nous espérons que vous serez nombreux à répondre à cet appel ! Que ce soit sur scène ou dans le public, nous avons hâte de vous retrouver pour cette septième édition qui s’annonce haute en couleurs.

A bientôt !

Lazare, et toute la troupe du Nouveau Théâtre Populaire.

La Communauté de Communes de Beaufort en Anjou a voté jeudi 6 novembre 2014, à une très large majorité, l’achat de la maison de feu madame Herson-Macarel, dans le but de pérenniser et de développer l’action du Nouveau Théâtre Populaire.

Cette décision marque un tournant dans l’histoire du NTP. Cet investissement exceptionnel de la collectivité ne restera pas sans réponse : nous irons jusqu’au bout de nos forces pour affirmer et rendre concret notre désir d’implanter un théâtre réellement populaire sur le territoire de la Communauté de Communes.

Notre vœu le plus cher est d’écrire une longue et riche histoire avec le territoire de Beaufort en Anjou et ses habitants !

L’équipe du Nouveau Théâtre Populaire : Léo, Lazare, Clovis, Emilien, Pauline, Sophie, Julien, Valentin, Antoine, Lola, Sacha, Frédéric, Morgane, Joseph, Julien, Claire, Elsa, Baptiste, Philippe et Thomas.

de Bruno Sermonne
Mise en scène de Clovis Fouin
Collaboration artistique : Julien Campani

Avec :
Clovis Fouin
Elsa Grzeszczak
Claire Sermonne

Tristan, seul et désœuvré, ne peut oublier Iseult devenue épouse du roi Marc. Il va feindre la folie pour pouvoir approcher celle qu’il aime. Habilement dissimulé sous les traits d’un fou masqué, il se présente au château du couple royal. Pour que la reine lui ouvre ses bras, Tristan devra faire le récit intime de sa vie, de l’anneau et du calice qu’ils burent ensemble jusqu’à la lie. Musiques médiévales, baroques et rocks se côtoient ici pour rythmer ce spectacle au lyrisme courtois.
Un mythe éternel et fondateur revisité dans une mise en scène qui explore toutes les théâtralités de la douce confrontation d’une écriture ancienne à celle plus distanciée d’une voix symbolisée par le narrateur.

«Trois acteurs musiciens, tels des figures symboliques, incarnent une dizaine de personnages avec sur scène un portant de vieux costumes. La figure essentielle est ici celle du fou qui dit la vérité. La question de l’identité est au centre du spectacle : Tristan la pose en prenant le masque du fou. Devient-on quelqu’un d’autre en enfilant un costume ?
Le spectacle envisage la possibilité non pas d’une confrontation mais d’une véritable élaboration dans un même rapport au poème, de la parole et de la musique. Car si la Folie Tristan constitue le premier véritable poème en langue française, de la même manière la musique médiévale et baroque s’affirme comme le premier mouvement musical d’importance en France.
Nous avons décidé d’inventer et de tisser humblement un langage commun entre ces deux entités si proches et si nécessaires. Le répertoire musical que nous explorons est une forme du baroque mais d’autres inspirations plus contemporaines comme le rock accompagnent le spectacle. Certaines scènes sont également bercées par l’interprétation de chansons poétiques et envoutantes comme Quant au temple nous serons, adapté de Pierre Ronsard.
Tristan et Iseult, ce Poème aux croisements des civilisations, est à l’origine de toutes grandes histoires d’amour européennes (Roméo, Tatiana et Oneguine). Il n’est pas sans rappeler le retour D’Ulysse à Ithaque, mythe des amants stellaires qui se déclinera par la suite éternellement dans les siècles et les contrées. Il enseigne ici encore une fois que l’amour est un retour, une supplique et un chant. Qu’il n’y a pas de geste plus noble que de se prosterner devant celui ou celle que l’on aime. Car cette supplique par sa force et sa vérité trompe la mort et enveloppe nos sens de la douce et flamboyante sensation de n’être plus un mais deux.
Le chant d’amour de Tristan et Iseult traversera longtemps encore les siècles et nous, acteurs ou musiciens, nous faisons l’écho de ses cris, de ses joies, de ses pleurs, de ses rires qui inlassablement transportent le public dans un monde lyrique, ardent et poétique.»

• du 6 au 8 novembre 2014 à Angers (49) – Théâtre du Champ de Bataille


Falstafe
 sera en tournée lors de la saison 2014-2015. Spectateurs d’Anjou ou d’ailleurs, (re)venez nous voir !

• le 29 novembre 2014 à Corné (49) – Espace du Séquoia

• du 15 au 19 décembre 2014 à Angers (49) – Nouveau Théâtre d’Angers

• les 7 et 8 avril 2015 à Meaux (77) – Théâtre du Luxembourg

• du 15 au 25 avril 2015 à Paris (75) – Théâtre Paris-Villette

• les 27 et 28 avril 2015 à Toulouse (31) – Théâtre Sorano-Jules Julien

Pour des raisons d’organisation, le banquet prévu samedi 23 août à 19h est annulé. Pour tout de même fêter avec vous cette 6e édition du festival, nous vous invitons à boire un verre avec tout l’équipe du NTP dimanche soir à l’issue de la dernière représentation, vers 22h30 à la buvette du NTP. Vous êtes les bienvenus !

Sixième édition ! Six spectacles, six poètes, six metteurs en scène, six cents ans de théâtre, six époques, six langues ! Cette année, la démesure est à l’honneur : des monuments, des géants et des monstres. Pour réenchanter notre monde incertain, retrouvons-nous sur notre petit plateau de bois pour une grande fête du théâtre !

Télécharger le Tract NTP 2014

Accéder au programme pièce par pièce :

HAMLET

LA CERISAIE

LE CERCLE DE CRAIE CAUCASIEN

FALSTAFE

LA BELLE ET LA BÊTE

LA VIE TRESHORRIFICQUE DU GRAND GARGANTUA

de François Rabelais
Mise en scène de Sophie Guibard et Emilien Diard-Detœuf
Costumes : Juliette Gaudel
Scénographie : Nayel Zeaiter

Avec :
Valentin Boraud
Julien Campani
Baptiste Chabauty
Sacha Todorov

La vie treshorrificque du grand Gargantua, c’est un spectacle fait de théâtralités contradictoires : on joue d’abord à raconter, et cela déborde, on s’emporte, peu importe comment. Le narrateur devient bonne soeur, on hurle au passé simple, on naît aussi facilement par l’oreille de sa mère qu’on entre en scène. Ce qui compte, c’est l’appétit de récit, c’est de raconter la bruyante vie du héros Gargantua : il naît, il boit, il morve dans sa soupe, il jubile d’être au monde; il part étudier, il boit, il compte les étoiles à quatre heures du matin, il se goinfre de savoirs ; il mène une guerre, prend des jets de canons pour une attaque de poux, et se discipline, diplomate mais toujours étonné de tout ; puis il tombera amoureux d’une géante, mettra au monde un nouveau géant, et toujours dira : « A boire ! À boire ! À boire ! ».

Les fables et les contes populaires ont cette force d’être en nous au point qu’on les a naturellement intégrés, comme digérés. Quand ils ressortent, on a l’impression de les inventer. Ou plutôt, beaucoup de nos créations sont des réminiscences. Le théâtre ne s’apprend pas, il se retrouve là où il a été enfoui.
La vie treshorrificque du grand Gargantua est un spectacle sur l’enfouissement des connaissances.
C’est un spectacle sur la possibilité de tout apprendre et de tout penser, sans aucune censure. Tout apprendre, tout penser, et tout dire : le comique, le grotesque, le pathétique, le scatologique, le scientifique, l’astronomique, tout, tout et tout. Sauf l’obscurantique : pas de fausse connaissance, pas de connaissance creuse, pas de curiosité feinte. L’étonnement ne peut pas être trahi : on est étonné, ou pas.
La vie treshorrificque du grand Gargantua est un spectacle sur la liberté de la langue, qui est le début de toute liberté. Pouvoir tout dire, c’est évoquer tous les sujets (de l’église à la matière fécale), mais c’est aussi pouvoir dire tous les mots, même les mots inventés. Pour que l’homme se libère, il faut qu’il libère sa capacité à parler. Il faut qu’il libère sa langue. Après Rabelais, l’orthographe s’académise, la pensée rentre dans un rang, la langue se range sous l’empire des lois. Mais le souvenir des géants reste dans les mots : la liberté a laissé une trace écrite et orale dans l’ordre établi.
Gargantua, c’est l’enfance du français, une enfance libre, facétieuse et insolente, dont le français adulte se souvient avec émotion, comme d’une époque d’insouciance et de gaieté.
La vie treshorrificque du grand Gargantua est une entreprise de libre archéologie de la langue. On ne traduit pas. On ne change pas un seul mot. Ils ont cinq cents ans, et pourtant ils sont plus vifs que les nôtres. Parler Rabelais, c’est être à la racine du théâtre populaire. Nous aurions pu commencer par là.

Adaptation d’Elsa Grzeszczak et Sacha Todorov
Mise en scène d’Elsa Grzeszczak

Avec :
Pauline Bolcatto : La Belle
Clovis Fouin : La Bête / Avenant
Philippe Canales : Le père
Elsa Grzeszczak : Adélaïde, la soeur / La mère

La Belle et La Bête est une histoire qui questionne la rationalité de nos choix et de nos désirs face à notre monde, qui devient chaque jour plus violent dans le nivellement des consciences vers la « normalité ». Il est un appel à la liberté que nous devons nous octroyer pour nous battre contre les conformismes sociaux et moraux, afin de défendre envers et contre tous nos désirs les plus profonds. Qu’aime t-on lorsqu’on aime ? Qui ai-je le droit d’aimer ?
Ces personnages avancent dans le jardin obscur de leurs sentiments. C’est une ode à notre part animale et instinctive, une histoire où la vérité des désirs peut naître parce qu’à l’abri dans la forêt et à l’orée de la civilisation. Il y a certaines vérités qui ne peuvent s’avouer que dans le secret de la pénombre. La naissance de cet amour féroce effraye autant qu’elle envoûte, mais comme il est dit dans ce conte : « Il faut parfois savoir sauter et tomber pour voir ce qu’il y a au fond des choses…
Où que tu sois, creuse profondément ! Les sources sont toujours sous terre. ».
Ce spectacle sera un cri pour apprivoiser nos peurs et nos désirs. Un cri, dans cette fête où l’on dansera l’inconsolable tristesse de ne pouvoir comprendre l’autre, de retrouver un peu du langage « du cœur », dans les fougères et au clair de lune, loin des pères, des maîtres et des Lois. La limite de nos rêves est celle que nous nous construisons. Alors, quoi de mieux que le ciel de Fontaine-Guérin pour entendre résonner la promesse de leur amour inconditionnel.