Festival 2019

des châteaux qui brûlent / bertina

18, 21, 24, 27, 30 août, 20h30

 

Rencontre avec Arno Bertina 

24 août, 18h

 

D’après le roman Des châteaux qui brûlent d’Arno Bertina (Éditions Gallimard)
ADAPTATION
Julien Campani et Arno Bertina
MISE EN SCÈNE
 Julien Campani
COLLABORATION ARTISTIQUE Sacha Todorov
COSTUMES Zoé Lenglare et Manon Naudet
RÉGIE GÉNÉRALE
Thomas Chrétien
ADMINISTRATION ET PRODUCTION Lola Lucas assistée de Léonie Lenain

DISTRIBUTION
Pauline Bolcatto, Valentin Boraud, Hélène BressiantBaptiste Chabauty, Céline Chéenne, Emilien Diard-Detœuf, Clovis Fouin, Joseph Fourez, Sophie GuibardFrédéric Jessua, Antoine Philippot, Sacha Todorov, Charlotte Van Bervesselès

 

 

SynopSiS

La scène est en France, à l’Ouest, aux alentours de 2015. C’est une fiction : les salariés d’un abattoir de volailles placé en liquidation judiciaire séquestrent pendant plusieurs jours le Secrétaire d’Etat à l’Industrie, Pascal Montville (socialiste et partisan de la décroissance).

Arno Bertina et moi allons démonter son roman, Des châteaux qui brûlent, et bricoler une pièce pour treize acteurs – pour chacun d’entre eux, et pour notre plateau.

pourquoi cette pièce au ntp ?

Pour questionner poétiquement le Politique – de manière intime et globale.

Intime, parce que l’œuvre raconte les heurts et bonheurs d’une assemblée sans chef : celle qui s’invente au sein de l’abattoir une fois le ministre séquestré. C’est l’occasion pour le NTP de jouer avec ses idéaux de démocratie directe et d’art populaire, d’en débattre, et de sortir de soi – une troupe de théâtre c’est pas comme une usine.

Globale, parce que le pays – le monde – entier est secoué par les violences sociale, politique, financière. Poser la question de ces violences sur un plateau de théâtre, c’est, d’abord, l’occasion de sortir de la temporalité de l’actualité pour se plonger dans celle du présent. C’est prendre le temps de voir, et d’entendre. Autre vitesse, autre lenteur. Les acteurs sont là pour ça. Incarner des femmes et des hommes dans toutes leurs contradictions. Faire chanter les voix que l’Histoire n’entend pas. Aimer la colère ; celle de l’Autre comme la sienne. Croire à l’intelligence collective. Laisser agir ou surgir nos métamorphoses.

Et mettre en scène un homme d’Etat pour lui faire partager la vie d’une insurrection populaire, c’est aussi, au sein de l’étrange espace démocratique qu’est le théâtre, prendre le temps d’incarner des questions qu’un bulletin de vote ou une chaîne d’information ne sauraient faire résonner durablement – ni même, si j’ose dire (mais voilà, c’est tout l’enjeu) : joyeusement.

note du metteur en Scène

Le théâtre est là pour nous mettre en grande santé. Celle qui, comme le dit Nietzsche, « intègre la maladie ».

On donnera à voir et à sentir des êtres régénérés par un conflit politique. Comment la peur (qui paralyse) devient du trac (qui mobilise). Comment on passe de la réaction à l’action, pour le pire et le meilleur ? C’est ça qu’on racontera. En représentant une pensée collective en acte.

La parole sera le cœur du spectacle. Parler, écouter et voir comment chaque solitude peut se libérer en en rencontrant une autre ; comment les différences peuvent ne pas se dissoudre dans une pensée unique mais au contraire, comment ça crée du mouvement, parfois, le simple fait d’être ensemble et de dialoguer enfin, dans la durée.

Parler – jusqu’au chant. On ne cherchera jamais un ordre didactique mais un chaos poétique qui donnerait à entendre une musique commune, une sorte de basse continue sur laquelle chacun pourrait accoucher d’une mélodie.

L’abattoir sera notre théâtre du monde. Les lames, le sang, les poulets. « Spectateurs, soyez les bienvenus dans le corps de Dionysos.»

Il y aura une poule, il y aura Don Quichotte (le vrai), il y aura des discours et des dialogues de couloirs, il y aura de la musique et il y aura de la danse.

Pour une tragédie chorale en route vers le carnaval. Parce que retirer sa blouse d’abattoir ou sa cravate de ministre c’est enfiler un autre costume : celui de son propre corps, déplacé, bouleversé, étonnant – ce corps qu’on n’attendait pas, qu’on n’attendait plus – pour le pire ou pour le meilleur.

––

L’auteur : Arno Bertina

Né en 1975, il est l’auteur d’une quinzaine d’ouvrages. « Les romans et récits d’Arno Bertina mettent en jeu l’identité des formes et des êtres, interrogeant, à travers leurs métamorphoses, la labilité des signes, la dualité des origines et le nécessaire déchirement du sujet au contact du monde. Qu’il soit porteur des séquelles de l’Histoire ou des possibles d’un présent facétieux, le personnage au centre de ces narrations dit son désir de liberté d’une voix empêchée, dédoublée ou encore chahutée par des discours autres. » (Arno Bertina, Classiques Garnier).

Il a écrit deux textes pour le théâtre : La Relève des dieux par les pitres (par Agnès Sourdillon, Avignon Sujets à vif 2009), et Le Dernier Cash (par Julien Campani, Maison de la Poésie 2016 et tournée).

Des châteaux qui brûlent est publié chez Verticales (Gallimard) en août 2017.

 

Crédit photo : Thierry Cantalupo

 

Festival 2019

les enivrés /
viripaev

17, 20, 23, 26, 29 août, 20h30

 

TRADUCTION Tania Moguilevskaia et Gilles Morel (Edition Les Solitaires Intempestifs)
MISE EN SCÈNE Julien Romelard
COLLABORATION ARTISTIQUE Joseph Fourez
COSTUMES Zoé Lenglare et Manon Naudet
RÉGIE GÉNÉRALE
Thomas Chrétien
ADMINISTRATION ET PRODUCTION Lola Lucas assistée de Léonie Lenain

DISTRIBUTION Pauline Bolcatto, Valentin Boraud, Hélène BressiantBaptiste Chabauty, Céline Chéenne, Léo Cohen-Paperman, Emilien Diard-Detœuf, Clovis Fouin, Elsa Grzeszczak, Frédéric Jessua, Morgane Nairaud, Antoine Philippot, Sacha Todorov, Charlotte Van Bervesselès

 
SynopSiS

Les Enivrés raconte, entre comédie et tragédie, la rencontre de quatorze personnages « ivres jusqu’au cul » qui découvrent et s’avouent, dans un état pitoyable et ridicule, des vérités extrêmes et magnifique.

Ces héros de notre époque (manager, mannequin, banquier, directeur de festival…) chutent dans la boue, renversent des tables, essayent d’entendre le chuchotement du Seigneur, trompent leur conjoint, fêtent leur mariage, s’endorment habillés dans une baignoire, dansent pour réussir à se tenir debout, cherchent désespérément de la viande dans le frigo d’un restaurant végétarien, répètent des phrases tiré d’un film, croient qu’ils peuvent marcher sur l’eau, fêtent l’anniversaire d’une mère morte qui ne supportait pas l’alcool (cette même mère tué par son chat), se marient devant un abribus, pleurent, rient, boivent… essayent désespérément de se tenir debout… A quoi tout cela sert-il ? Cela a t-il du sens ? Ils cherchent désespérément une vérité, leur vérité. Ils cherchent à tenir debout dans ce monde. Il n’y a pas d’intrigue principale, pas d’histoire. C’est un lot de rencontre. Des démons qui se confrontent, s’aiment.

C’est drôle, c’est profond, c’est ludique, c’est violent, c’est tourné, surtout, vers l’amour.

pourquoi cette pièce au ntp ?

Mettre en scène ce texte à Fontaine-Guérin, avec cette troupe, m’apparaît comme une évidence. Nous avons peu eu l’occasion de présenter des textes aussi actuels. Mais même si la parole et l’action sont extrêmement contemporaines, ce sont des personnages et des situations proche d’une tragédie antique. Le thème est populaire, facile d’accès. Non intellectuel. Viscéral. Jouer Les Enivrés en plein-air sera aussi une esthétique choisit : le mariage de la terre avec un décor plus réaliste, l’affrontement esthétique d’un intérieur sous un ciel ouvert, l’apparent cloisonnement des scènes avec l’ouverture visuelle de l’espace.

intentionS de miSe en Scène

Il existe un état où tout s’éveille à l’intérieur de nous, chaque cellule de notre organisme. Où nous sommes réunis, réconciliés avec le monde et notre prochain. Le « moi » s’efface et, dans un complet oubli de soi, tout nous apparaît pleinement. Cet état d’ivresse ne maquille pas le monde, ne nous évade pas du réel mais le transfigure et fait apparaître ce qui est la vérité méconnue.

« Pour n’être pas les esclaves martyrisés du Temps, enivrez-vous ». (Baudelaire)

Pour donner à ressentir la vie ardente de ces exaltés dionysiaques, je rêve d’un art qui serait la jonction entre performance, théâtre, concert et spectacle de rue. Une forme qui surprenne le spectateur et le mette dans un état d’inconfort. Une forme qui accentue l’expérience commune entre spectateur et acteur. Où nous ne venons pas pour consommer tranquillement assis sur son fauteuil, pour regarder un tableau vivant, mais où l’on vient vivre et partager dans le corps. Cela fait donc peur car c’est un engagement aussi que je souhaite de la part du public. Comme quand nous allons à un concert, ou en boite de nuit pour danser…

Je travaillerai donc à plusieurs espaces scéniques disséminés dans le jardin. Des zones, chacune différentes, réinterrogeant le regard et la place du spectateur (frontal, bi-frontal, au milieu des spectateurs…) afin de faire entendre de manière viscérale toute la beauté et la férocité de ce texte.

L’enivrement devient le seul moyen de tenir debout dans un temps sans idéal.

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L’auteur : ivan viripaev

Auteur, réalisateur, comédien et metteur en scène, Ivan Viripaev est né à Irkoutsk (Sibérie) en 1974. Il est l’un des dramaturges russes les plus marquants de sa génération.

Il commence à travailler comme comédien, mais c’est en 2000, avec son premier texte, Les Rêves qu’il apparaît pour la première fois à Moscou, dans un festival de théâtre documentaire.

Il participe à la fondation du « Teatr.doc », où sont créées ses deux pièces Oxygène (2003) et Genèse n°2 (2004). Il met en scène ses textes : Juillet (2009), Danse Delhi (2010), Comedia (2010), Illusions (2011), Ovni (2012)…

Insoutenablement longues étreintes (2014), et Solar line (2015), sont ses derniers textes en date. Ivan Viripaev est traduit et joué dans le monde entier.

 

 

Crédit photo : Thierry Cantalupo

 

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