Festival 2020

le goût des autres / jaoui

15, 18, 21, 24, 27 août, 20h30

 

D’après le film Le Goût des autres d’Agnès Jaoui, scénario de Jean-Pierre Bacri et Agnès Jaoui
ADAPTATION et MISE EN SCÈNE Emilien Diard-Detœuf
COLLABORATION ARTISTIQUE Léo Cohen-Paperman
COSTUMES Zoé Lenglare et Manon Naudet
RÉGIE GÉNÉRALE
Thomas Chrétien
ADMINISTRATION ET PRODUCTION Lola Lucas assistée de Léonie Lenain

DISTRIBUTION
Valentin BoraudPhilippe CanalesClovis Fouin, Joseph FourezFrédéric Jessua, Lazare Herson-Macarel, Morgane Nairaud, Claire Sermonne, et un chœur d’amateurs

 

synopsis

Un chef d’entreprise tombe amoureux de sa professeur d’anglais, laquelle est aussi et surtout actrice de théâtre. Elle est brillante, vit seule, et n’a pas un sou en poche. Lui est très riche, marié à une femme triste, et n’a aucune culture. Pour conquérir celle qui l’a fait pleurer pour la première fois de sa vie au théâtre, il va devoir surmonter la grande barrière qui les sépare : la différence de classe. C’est l’histoire des goûts des uns et des couleurs des autres.
Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri, co-scénaristes, règlent quelques comptes avec la société française et ses contradictions. Les possédants sont incultes, les cultivés sont avares de leur savoir. Les artistes sont dépressifs, et les cadres s’ennuient à mourir. Bien malgré eux, tous attendent le grand choc, celui de la rencontre, sans cesse empêchée, de deux mondes qui ne demandent qu’à respirer un autre air. Le Goût des autres, c’est Georges Dandin qui sonne à la porte du cinéma français. C’est My fair lady transportée dans la province française par les disciples de Claude Sautet et d’Alain Resnais.

pourquoi adapter ce film au ntp ?

Le goût des autres, écrit à l’aube des années 2000, pose la question du lien social qui unit encore gens de la ville et gens de province, gens de culture et gens d’industrie. Au-delà du couple qui en est l’axe central, la galerie des petits personnages représente aussi une couche de la société qui a les difficultés de son époque, entre solitude affective et quotidien sans relief. Rétrospectivement, on peut sentir au-dessus d’eux l’ombre du siècle à venir. En 2000, on découvrait Britney Spears et Alizée chantait Lolita. Les futurs gilets jaunes étaient sans doute encore en études, peut-être déjà au travail. Le président s’appelait Chirac, et le World Trade Center était encore debout. Les crises majeures arrivaient au galop, futur krach boursier et climat déréglé, mais on regardait sceptiques ces points noirs grossir au loin. Et pourtant… Agnès Jaoui a su capter les signes d’une inquiétude fondamentale, et d’un repli sur soi, qui devait trouver bien des confirmations dans les vingt années à suivre. J’ai voulu faire revenir ces héros ordinaires d’un siècle qui n’avait pas encore commencé, aux germes de notre époque actuelle.
A l’occasion du festival consacré au cinéma, je voulais absolument adapter un film français, et faire honneur à la comédie. Depuis longtemps, le genre a acquis en France ses lettres de noblesse grâce à l’inventivité de ses dialoguistes, dont on peut penser qu’ils sont les héritiers – et ici, l’héritière ! – d’une longue tradition d’auteurs comiques au théâtre, de Molière à Feydeau, en passant par Marivaux. Jaoui et Bacri, ont le sens de la tournure lunaire, et le goût de la phrase qui tue. On peut être soufflé par l’âpreté avec laquelle ils décrivent le fossé qui sépare les classes sociales en France. Mais de leur film, on sort surtout amoureux de cette galerie de personnages inoubliables. Chef d’entreprise, garde du corps, serveuse, décoratrice, chauffeur, galeriste, actrice, c’est toute une faune sensible qu’ils ont réussi à faire tenir dans un film enlevé, insolent d’humour et de légèreté.

note du metteur en scène

Pour représenter l’effervescence de ces microcosmes qui se croisent, je vais faire du plateau Jean Vilar un lieu qui représente tous les lieux. Le défi de la mise en scène est que je dois autant montrer l’intimité d’une chambre que celle d’une voiture, passer d’un pavillon de zone périurbaine à une galerie d’art, d’un hangar d’entreprise à un théâtre municipal. Jaoui a l’air d’écrire en passant, personne ne s’attarde, les scènes s’enchaînent : je veux donc privilégier une grande mobilité des acteurs.
Je vais donc tout placer dans un décor unique, pour conserver la vivacité de l’écriture. Je vais faire du lieu du théâtre le coeur du film. Car si M. Castella tombe amoureux de Clara Devaux, c’est la puissance émotionnelle du théâtre qui le frappe en premier.
C’est dans l’espace mental du théâtre que va se dérouler toute la fiction. Castella, amoureux, est pris au piège. Tout doit pour lui se dérouler comme dans une machinerie qu’il tente, tant bien que mal, de contrôler. Si des apparences de réalisme subsisteront – une vraie voiture pour les scènes de route, le rideau d’un salon de mauvais goût, un lit pour les scènes d’intimité – ils ne seront là que comme témoins d’une réalité dont Castella veut désormais s’affranchir. De là, je prendrai la liberté de recomposer les scènes de théâtre, qui sont au nombre de trois dans le film original, pour donner cette impression que Castella a beau poursuivre Clara Devaux, c’est bien lui qui est poursuivi par le théâtre.

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Agnès Jaoui, réalisatrice du Goût des autres

Agnès Jaoui, née en 1964 à Antony, est venue à la réalisation comme elle est venue à l’écriture : « pour ne plus dépendre du désir des autres » et pour maîtriser sa destinée d’actrice. Elle s’est formée à l’école des Amandiers, à Nanterre, sous la direction de Patrice Chéreau, mais elle refuse d’entrer dans la troupe. C’est en jouant au théâtre qu’elle rencontre Jean-Pierre Bacri. Très vite, ils commencent à écrire ensemble. D’abord du théâtre, puis en 1994, un premier scénario pour Alain Resnais, Smoking, no
smoking. Suivront Un air de famille et On connait la chanson. Récompensé par plusieurs César, le duo écrit Le Goût des autres, et Agnès Jaoui devient réalisatrice pour la première fois.

 

 

Festival 2020

XIIe Festival

Pour sa XIIe saison, le Nouveau Théâtre Populaire s’est lancé un nouveau défi. Il s’agit d’adapter sur scène six œuvres de cinéma, et de célébrer ainsi toute l’année l’autre grand art populaire de la représentation. 

Le cinéma aura été l’art populaire du XXe siècle. Né avec la révolution industrielle, enfant des machines et de la chimie, il a accompagné un siècle de développement économique et technique, mais aussi de tragédies ultimes, de catastrophes humaines irréparables. Comme le théâtre, il a eu pour mission de raconter le monde par la métaphore. Aujourd’hui qu’une forme de repli s’organise autour de la consommation de biens culturels qu’on regarde chez soi, nous avons voulu faire front commun avec le cinématographe pour redire l’importance de l’expérience esthétique partagée, de la communion des êtres pour affronter les grandes questions de ce monde. Le Nouveau Théâtre Populaire et le festival Premiers Plans s’associent tout au long de l’année : spectacles, lectures, rencontres, projections, cet été, les ombres vont danser sur le grand écran de la nuit étoilée !

L’équipe du NTP

2001, l’odyssée de l’espace / kubrick

19, 21, 23, 25, 27, 29 août, 11h00

 

D’après le film 2001, l’odyssée de l’espace, de Stanley Kubrick, et le roman d’Arthur C. Clarke
ADAPTATION et MISE EN SCÈNE Frédéric Jessua
COSTUMES Zoé Lenglare et Manon Naudet
RÉGIE GÉNÉRALE
Thomas Chrétien
ADMINISTRATION ET PRODUCTION Lola Lucas assistée de Léonie Lenain

DISTRIBUTION
Léo Cohen Paperman, Joseph FourezFrédéric Jessua, Julien Romelard

 

synopsis

De l’aube de l’humanité à une mission dans l’espace en 2001, ou le parcours d’un mystérieux monolithe noir, forme d’intelligence extra-terrestre se manifestant par l’émission d’ondes sonores, qui confère aux ancêtres de l’homme (des australopithèques) des pouvoirs nouveaux, puis entraîne l’homme, devenu moderne, dans un voyage interstellaire à la périphérie de Jupiter, lui révélant ainsi le caractère éternel de la vie humaine.

pourquoi adapter ce film au ntp ?

La première fois que j’ai vu 2001, l’Odyssée de l’Espace, je crois que je n’ai rien compris, j’avais 8 ans, je m’en souviens encore ; la seconde fois, j’ai su que je n’avais rien compris, j’en avais 15 ; la troisième, j’ai compris que je n’y comprendrais jamais rien, j’en avais 20 ; et depuis (à raison d’une projection tous les 5 ans), j’ai fini par comprendre qu’il ne fallait pas chercher à comprendre, qu’il valait mieux se laisser faire un peu, que c’était comme la vie, que tout était donné, qu’on en faisait ce qu’on voulait comme on pouvait, en s’émerveillant… le plus possible.

Fort de ces impressions, je veux donc proposer pour les enfants et leurs parents une adaptation scénique du film de Stanley Kubrick. J’ai grandi avec lui ; ça été le point de départ, je le sais maintenant, de mon aventure avec le cinéma. J’ai aujourd’hui envie de lui faire rencontrer le théâtre, en me concentrant sur les antagonismes avec lesquels nous nous débattons (tout ce dont le film parle à mon avis) : la présence ou non d’une autre forme de vie dans l’univers, la connexion possible entre le futur et le passé, la cohabitation forcée entre la technologie et l’humain, la présence de l’espace infiniment grand et dérisoire qui nous entoure, et celle de nos vies infiniment petites et importantes, l’antagonisme des instincts animaux et intellectuels, l’intrication de l’amour et de la violence…La base de mon travail sera constituée de deux matériaux principaux : le roman d’Arthur C. Clarke (écrit simultanément au scénario du film) et le film de Kubrick lui-même.

note du metteur en scène

Peu importe ce qu’on retient du sens de ce film (et chacun doit avoir le sien), on ne peut qu’être touché par la portée universelle de son contenu, parce que contrairement à l’idée (souvent préconçue) qui circule, l’histoire est très simple ; Kubrick s’est simplement amusé à la compliquer par le truchement du traitement cinématographique ; il n’est jamais didactique, et place le spectateur dans un état d’éveil permanent. Ce qui est encore plus surprenant, et je ne sais si cela était intentionnel de sa part, mais Kubrick a finalement conféré au spectateur une position de complice à sa création, chacun cherchant le « truc » ou l’artifice qui a conduit à ses scènes inoubliables. 2001 est véritablement un jouet pour le spectateur ; visuel, sensoriel et intellectuel.

Dans cette optique je veux proposer un spectacle qui se déroule sur plusieurs espaces du site du NTP : la salle de travail nouvellement aménagée à l’occasion de l’ouverture de la Maison du Théâtre, une des deux scènes nouvellement construites en 2019 et un lieu encore à créer. Je voudrais que le (jeune spectateur) découvre ce qu’est un spectacle déambulatoire et suive l’aventure humaine présente dans l’oeuvre de Kubrick. Je voudrais aussi qu’un échange soit créé entre parents et enfants à la sortie du spectacle, en proposant un traitement différent de certaines parties du spectacle selon l’âge du public. Le son sera bien évidemment présent, qu’il soit enregistré ou joué par les acteurs, la grange permettra d’avoir recours à la projection d’images, enregistrées ou filmées en direct.
Au final, il s’agira, en moins d’une heure, d’évoquer la préhistoire, le passage de l’outil au vaisseau spatial, la manière de retrouver notre humanité face à un ordinateur récalcitrant, et de rendre concret le voyage à la vitesse de la lumière.

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L’Auteur du roman : Arthur c. Clarke

Arthur Charles Clarke, ou Arthur C. Clarke, né le 16 décembre 1917 à Minehead dans le Somerset (Angleterre) et mort le 19 mars 2008 (à 90 ans) à Colombo (Sri Lanka), est un écrivain de science-fiction, écrivain scientifique, futurologue, présentateur télé, explorateur sous-marin et inventeur britannique. Il a utilisé des pseudonymes comme Charles Willis et E.G. O’Brien. Il fait partie, avec Isaac Asimov et Robert A. Heinlein, des « Trois Grands » (Big Three) auteurs de science-fiction de langue anglaise.

Stanley Kubrick, réalisateur de 2001, l’odyssée de l’espace

Stanley Kubrick est un réalisateur, photographe, scénariste et producteur américain né en 1928 à Manhattan et mort en 1999 dans son manoir de Childwickbury (nord de Londres). Après des débuts dans la photographie, Kubrick, autodidacte, sera également son propre directeur de la photographie, producteur, scénariste ou encore monteur. Ses treize longs métrages en quarante-six ans de carrière l’imposent comme l’un des cinéastes majeurs du XXe siècle.

 

 

Festival 2020

la reine des neiges

18, 20, 22, 24, 26, 28 août, 11h00

 

D’après le conte d’Andersen
ADAPTATION, MISE EN SCÈNE Thomas Chrétien
COSTUMES Zoé Lenglare et Manon Naudet
ADMINISTRATION ET PRODUCTION
Lola Lucas assistée de Léonie Lenain

DISTRIBUTION
Valentin Boraud, Elsa Grzeszczak, Claire Sermonne

 

synopsis

Key, un jeune garçon innocent, reçoit dans le cœur et dans l’œil deux éclats d’un miroir ensorcelé. Il change alors de comportement, devient dur et indifférent, au point de dénigrer sa petite amie Gerda.
Jusqu’au jour où il disparaît, emporté dans le grand nord par la Reine des Neiges. Gerda décide alors d’aller le chercher jusqu’au château où il est retenu. Dans sa quête, elle rencontre de nombreux personnages, dont la petite fille des brigands, des corneilles qui parlent et une magicienne avec un jardin fantastique.
Après un combat final héroïque contre une armée de flocons de neige, Gerda retrouve Key. Ses larmes de joie, chaudes et pleines d’amour, font dégeler le cœur du jeune garçon et emportent avec elles les éclats du miroir maléfique. Ainsi libéré, délivré de tout sortilège, Key peut rentrer chez lui avec Gerda « dans un délicieux printemps verdoyant et fleuri ».

pourquoi cette pièce au ntp ?

Depuis le film de Disney sorti en 2013, La Reine des Neiges est sans doute une des héroïnes les plus populaires auprès des enfants. Raconter son histoire sur la scène du Nouveau Théâtre Populaire, dans le cadre d’une programmation autour du cinéma, me semble donc tout à fait pertinent.
Mais de quelle histoire parle-t-on ? L’immense succès cinématographique et commercial de Disney a totalement éclipsé le conte original. Ecrit en 1844 par le célèbre auteur danois Hans Christian Andersen, ce récit fantastique est en passe d’être oublié, remplacé dans l’imaginaire collectif par la très libre adaptation américaine.
C’est ce conte méconnu que je souhaite présenter aux enfants et à leurs parents afin qu’ils (re)découvrent la véritable histoire d’Andersen : histoire d’un jeune garçon qui, touché par une terrible malédiction, a perdu son âme d’enfant ; histoire d’une jeune fille qui, triomphant de tout les obstacles et de tout les dangers, va libérer son ami ensorcelé ; histoire, où l’amour et le courage, l’innocence et la foi, permettent à deux enfants de grandir.
Il me tient à cœur de raconter cette histoire : d’abord parce qu’elle parle magnifiquement d’un changement de comportement inexpliqué, en l’occurrence celui d’un petit garçon au passage de l’adolescence ; ensuite parce qu’elle met en scène une héroïne courageuse et déterminée, ce qui n’est pas courant dans les contes pour enfants ; enfin parce que c’est un voyage lumineux et plein d’espoir où l’amour, l’amitié, la générosité et le courage triomphent de tout les obstacles.

note du metteur en scène

Ma volonté première sera donc de suivre le récit original. Sous-titré « conte en sept histoires » par Andersen, le périple de Gerda jusqu’au palais de la Reine des Neiges est une succession d’épisodes à travers un monde fantastique et dangereux. C’est un long voyage entrecoupé de rencontres qui vont chacune aider l’héroïne dans sa progression.
Le spectacle suivra cet enchainement de séquences, alternant « scènes de voyage », visuelles et musicales, et « scènes de récit », jouées et dialoguées.
J’aimerais profiter des « scènes de voyage » intercalées entre les différentes étapes des aventures de Gerda, pour faire intervenir Key depuis sa prison de glace.

A la différence du conte, j’aimerai donner beaucoup plus de place au jeune garçon. Il sera donc toujours présent, soit joué par un acteur, soit représenté par une voix enregistrée ou un visage sur un écran de télévision. Avec l’idée que la technique, image et son, symbolise le monde froid et désincarné de la Reine des Neiges.
A l’inverse, dans les « scènes de récit » consacrées aux aventures de Gerda, j’aimerai rester dans une forme simple, un théâtre relativement pauvre fait d’accessoires et de bouts de ficelles, qui ne cache pas ses artifices, et se fait avec la complicité et l’imagination des spectateurs : les coulisses seront à vu sur le plateau, les acteurs passeront d’un personnage à l’autre grâce à quelques éléments de costumes, et les lieux traversés seront évoqués par de simples accessoires.
Nous suivrons ainsi les parcours de Gerda et de Key en parallèle, dans une succession de séquences, entre récit d’aventure et voyage intérieur, entre la liberté folle d’un théâtre artisanal affirmé et la rigueur formelle d’éléments techniques froids et figés.

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Andersen

Hans Christian Andersen, romancier, conteur et poète danois, est né en avril 1805 d’une famille modeste d’Odense. Dès 1832, lors de ses premiers voyages à travers l’Europe, il commence la rédaction des contes qui feront sa renommé, parmi lesquelles on peut citer La Petite sirène, Le Vilain petit canard, La Petite fille aux allumettes, ou encore La Reine des neiges. Ils seront publiés jusqu’à sa mort, en août 1875.

 

 

Festival 2020

Man on the moon / forman

16, 19, 22, 25, 28 août, 20h30

 

D’après les films Man on the moon de Milos Forman, et Jim et Andy, de Jim Smith
ADAPTATION et MISE EN SCÈNE Elsa Grzeszczak
COLLABORATION ARTISTIQUE Christophe Rouger
COSTUMES Zoé Lenglare et Manon Naudet
RÉGIE GÉNÉRALE
Thomas Chrétien
ADMINISTRATION ET PRODUCTION Lola Lucas assistée de Léonie Lenain

DISTRIBUTION
Pauline Bolcatto, Baptiste Chabauty, Clovis Fouin, Julien Romelard

 

synopsis

Il s’agit d’un biopic sur la vie d’Andy Kauffman. Humoriste très populaire aux Etats-Unis, il connut une fulgurante carrière de 1975 jusqu’à l’année de sa mort en 1984. Il biaisait un humour « mainstream » diffusé par les sitcoms qui commençaient alors à faire leurs apparitions à la télévision américaine. On lui proposa d’ailleurs de jouer dans un sitcom intitulé Taxi, ce qu’il accepta et qui le fit connaitre du grand public. Durant sa carrière solo, il va créer un autre personnage nommé Tony Clifton, chanteur de piano-bar outrancier, qui faisait les premières parties des show d’Andy Kauffman. Une sorte de parangon de « l’anti-spectacle », braillard, vociférant les pires insanités au public. Andy Kauffman devient en quelque sorte son propre saboteur.

pourquoi cette pièce au ntp ?

Ce film parle de la frontière poreuse et insaisissable entre la réalité, le jeu et le spectacle, tout en dessinant avec une extrême lucidité une anatomie de la société du spectacle. Je ne peux pas espérer mieux qu’une troupe d’acteurs, celle du NTP, qui se côtoient depuis longtemps pour traiter du rapport nébuleux au jeu et aux institutions artistiques. Ce projet interroge la notion de scandale. Qu’est ce qui fait encore scandale en art ? Il nous faudra travailler en confiance, en plongeant sans frilosité dans nos troubles, nos corsages moraux, et nos exaltations. Pour pouvoir prendre des risques à la mesure de ceux pris par Andy Kauffman. Monstre irrécupérable qui endosse la figure du marginal malgré lui, il nous oblige à jeter un regard de biais sur l’industrie du spectacle et plus largement sur notre rapports aux normes.
Cet être en « question » devient, par la mise en déroute des croyances, un grand penseur, anarchiste des styles. J’aimerais que ce spectacle soit comme un cri qui appellerait à « exister », étymologiquement parlant, ex-eo: « sortir de soi ». C’est peut être en cherchant « à sortir de soi » qu’on trouve la Joie, au sens religieux du terme. Je souhaiterais travailler sur la dimension spirituelle et transcendentale qu’Andy Kaufman entretenait avec son art et par conséquent avec la manière de mener sa vie.

note du metteur en scène

J’aimerais coupler l’adaptation de ce film avec des scènes du documentaire, qui s’intitule Jim and Andy, qui a été tourné lors du tournage du film. L’imbrication de ces deux films prend tout son sens dans la mise en perspective de deux temporalités concomitantes, celle du tournage et celle du « hors-tournage ». Jim Carrey, qui interprète Andy Kauffman ne sort pas de son rôle, et en miroir, dans la fiction cinématographique: Andy jouant Tony Clifton. Je souhaiterais, pour pousser plus loin cette idée, travailler avec les acteurs sur une écriture de plateau quant à leurs rapports intimes et individuels au jeu. Ce que je trouve magnifique dans ce film, c’est la non-séparation de ce que l’on segmente, cloi-sonne, mortifie d’ordinaire.

J’aimerais que l’acteur qui joue Jim Carrey, soit là avant, et même pourquoi pas durant d’autres moments pendant d’autres soirées du festival (au bar durant un autre spectacle…), pour pousser plus loin l’irrévérence et la sortie de cadre.

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Milos Forman, réalisateur de Man on the moon

Enfant de la guerre, Milos Forman perd ses parents, déportés à Auschwitz; il est alors élevé avec ses frères par le reste de sa famille. Il réalise son premier long métrage en 1963, L’As de pique. En 1967, sa satire provocatrice Au feu les pompiers ! lui vaut les foudres de la censure dans son pays. Suite au Printemps de Prague, Milos Forman quitte l’Europe pour les Etats-Unis.
Il réalise d’abord une comédie sociale, Taking Off (1971), puis change totalement de registre en 1975 avec Vol au-dessus d’un nid de coucou. En 1979, il se voit confier l’adaptation d’un grand succès de la scène musicale à Broadway : Hair, film culte de toute une génération.
En 1985, il obtient à nouveau l’Oscar du Meilleur réalisateur pour Amadeus. Quatre ans plus tard, il réalise Valmont, adaptation des Liaisons dangereuses de Choderlos De Laclos. Depuis Amadeus, il semble avoir pris goût aux biographies en réalisant Larry Flynt (1996) et Man on the Moon (1999), inspiré de la vie du comique américain Andy Kaufman. Avec Les Fantômes de Goya, il retrouve à nouveau l’univers onirique et les costumes du XVIIIe siècle. Il meurt le 13 avril 2018 aux Etats-Unis.

 

 

Festival 2020

on achève bien les chevaux / pollack

22, 28 août, 18h

 

Aussi en tournée des battages
Les 24, 25, 31 juillet, 1, 7, 8 août

 

Avec la participation des élèves du Conservatoire régional d’Angers

D’après le film On achève bien les chevaux de Sidney Pollack, et le roman de Horace Mac Coy
ADAPTATION et MISE EN SCÈNE Philippe Canales
COLLABORATION ARTISTIQUE Lazare Herson-Macarel
COSTUMES Zoé Lenglare et Manon Naudet
RÉGIE GÉNÉRALE
Thomas Chrétien
ADMINISTRATION ET PRODUCTION Lola Lucas assistée de Léonie Lenain

DISTRIBUTION
Baptiste Chabauty, Emilien Diard-DetœufMorgane Nairaud, et un chœur d’amateurs

 

synopsis

C’est l’histoire d’un procès : Robert a donné la mort à Gloria.
Deux jeunes acteurs errent à Hollywood au coeur de la Grande Dépression. Gloria entraine son partenaire dans l’enfer des marathons de danse : des concours populaires où les couples désargentés venaient danser dans des gymnases des mois durant sans repos, sous le regard amusé de spectateurs toujours plus nombreux. Le dernier duo tenant encore sur ses jambes remportait une importante somme d’argent.
On peut tenir très longtemps, quand on a faim. Quand le monde ne nous attend plus, où trouver refuge ?

pourquoi cette pièce au ntp ?

Parce que revisiter le roman d’Horace Mac Coy et le film de Sidney Pollack, c’est écrire un vertige : une pièce qui parle de cinéma qui parle de fêtes populaires qui donnent le spectacle du réel et de la misère sociale.
Parce que si ces « marathons » indignes ont été interdits il y a cinquante ans en Amérique et en Europe, la course effrénée au mérite est un phénomène brûlant d’actualité qui a su trouver bien d’autres moyens de représentations dans nos vies. Parce que nous ne pouvons plus continuer sans avoir conscience des différentes formes que peut prendre le mépris de classes.
Parce que chacun peut s’identifier au couple mythique créé en 1935 puis immortalisé au grand écran par Michael Sarrazin et Jane Fonda.
Enfin, parce qu’il s’agira d’une création partagée, où les habitants du territoire seront invités, accompagnés par la troupe du NTP et les jeunes acteurs du Conservatoire d’Angers, à venir interpréter cette danse folle où tout sera permis pour survivre.

note du metteur en scène

Sur un plateau réduit entouré par des spectateurs immergés alternativement dans un tribunal et une salle de bal, vingt personnages danseront pour continuer à vivre, sous le regard attentif et précis d’un maître de cérémonie.
Je souhaite réaliser un spectacle dense, court et percutant, à l’image du roman de MacCoy, et de la balle tirée à bout portant par le révolver de Gloria. Une pièce chorale et musicale, une chorégraphie chaotique de pantins de chair, où jamais nous ne saurons distinguer le réel de la fiction. Une oeuvre crue à l’humour noir, où l’énergie des corps sera déployée à son paroxysme. Un spectacle à charge contre les formes insidieuses que prend la société du spectacle dans les médias, le travail, la vie amoureuse…
Tout comme les costumes et la création musicale, mon adaptation sera volontairement anachronique : je m’inspirerai du roman, du film de Sidney Pollack, mais aussi d’anecdotes historiques réelles et de discours politiques existants.

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Sidney Pollack, réalisateur de On achève bien les chevaux

Fils d’immigrés russes, Sydney Pollack est né en 1934 dans l’Indiana. Il débute en suivant l’enseignement de Sanford Meisner à New York. Assistant de son professeur sur plusieurs mises en scène, il commence également une carrière d’acteur à Broadway. Après quelques apparitions à la télévision, il y fait ses débuts de réalisateur. Les nombreuses émissions populaires qu’il réalise lui confèrent une solide réputation. La consécration arrive en 1969 avec l’adaptation du roman d’Horace Mac Coy On achève
bien les chevaux. Dès lors, Sydney Pollack devient un des fers de lance du mouvement politique qui bouscule le cinéma américain. Son cinéma devient de plus en plus engagé, tout en restant extrêmement populaire, comme dans Les Trois Jours du Condor (1975). Son passage dans la comédie est tout aussi réussi comme le prouve Tootsie (1982) avec Dustin Hoffman, l’histoire d’un acteur raté qui connaît un succès monumental en se travestissant en femme. Il remporte l’Oscar du Meilleur réalisateur avec Out of Africa (1985), l’une des plus belles romances jamais filmées au cinéma. Sydney Pollack s’éteint en 2008 dans sa villa de Los Angeles.

Horace Mac Coy, l’auteur du roman

Horace Mac Coy est né en 1897 dans le Tenessee, de parents pauvres. Avant d’être Romancier, il exerce les professions de mécanicien, vendeur itinérant, chauffeur de taxi… Après avoir fait l’armée, il devient journaliste sportif. La Grande Dépression lui fera perdre son emploi. Il commence à écrire des nouvelles dans le magazine Pulp dans les années 20, inspiré par Ernest Hemingway. They shoot horses, don’t they ? est son premier roman noir. Tout le reste de son oeuvre sera consacrée à ébranler le rêve américain. Il mourra à 58 ans, dans l’indifférence générale.

 

 

 

Festival 2020

stalker / tarkovski

17, 20, 23, 26, 29 août, 20h30

 

D’après le film Stalker d’Andrei Tarkovski
ADAPTATION et MISE EN SCÈNE Pauline Bolcatto
COLLABORATION SCENOGRAPHIQUE Joseph Fourez
COSTUMES Zoé Lenglare et Manon Naudet
RÉGIE GÉNÉRALE
Thomas Chrétien
ADMINISTRATION ET PRODUCTION Lola Lucas assistée de Léonie Lenain

DISTRIBUTION
Valentin BoraudPhilippe Canales, Baptiste ChabautyClovis Fouin, Elsa GrzeszczakJoseph FourezFrédéric Jessua, Lazare Herson-Macarel, Morgane Nairaud, Julien RomelardClaire Sermonne

 

synopsis

Il existe une Zone, lieu dont personne ne connaît la nature. En son centre, on dit qu’il existe un lieu, « La Chambre », où le souhait le plus cher de celui qui est parvenu à y entrer peut être réalisé. Des Stalkers, sortes de passeurs, peuvent guider ceux qui veulent tenter leur chance d’entrer dans la Zone, et atteindre cette chambre.
Un écrivain et un professeur en chimie contactent un Stalker et décident de risquer leur vie pour ce voyage. Ils ignorent cependant que la Zone suit ses propres règles, dont seul le Stalker peut comprendre le sens. La traversée périlleuse de ce lieu étrange les poussera à révéler ce qu’ils cachent au plus profond d’eux-mêmes.

pourquoi cette pièce au ntp ?

Stalker est un des plus grand films d’auteur que j’ai pu voir, et nous aimons monter de grands auteurs au NTP. Il était important pour moi que la question de l’écriture reste au centre de la recherche artistique.
Proposer Stalker, c’est offrir à notre public la possibilité d’un bouleversement au sens propre comme au figuré, soit un parcours philosophique et existentiel.
La fable renverse au fur et à mesure de sa traversée toutes les valeurs (la force et la faiblesse, le vrai – le faux, le bien – le mal, le bon – le mauvais, le réel – l’imaginaire, le dangereux – l’inoffensif, etc…) et les failles existentielles y sont pansées. C’est une oeuvre qui pense la philosophie comme un art ; et l’art, comme une voie d’exultation de nos questions
philosophiques et existentielles. C’est selon moi un des aspects primordiaux du rituel théâtral et ce que viennent y chercher les artistes comme le public.
Cette relation à l’art est une des forces qui me poussent à faire du théâtre et je veux la porter au plateau pour le public angevin.

note de la metteuse en scène

Ce film est avant tout une expérience, et le rapport expérimental dans l’art de la mise en scène est un des points importants de ma recherche. Tarkovski nous fait traverser de multiples paysages élémentaires comme autant de possibilités d’un chemin
mystique : la nature verdoyante, l’eau, le temps, les hommes. Libre au spectateur d’y vivre ce qu’il a à y vivre, ou non. C’est la seule forme de distanciation qui m’intéresse à ce jour : ce rapport délicat au spectateur et à l’expérience théâtrale est une des pierres de touche de ma recherche artistique en tant que metteure en scène. Dans ce projet l’espace et le temps seront intrinsèquement liés par le dispositif scénographique.
Je veux interroger sans cesse la place et le regard du spectateur, non pas pour l’hypnotiser comme au cinéma, mais pour lui proposer une expérience sensible.
Je veux lui proposer de faire l’expérience de sa propre relation au temps, à sa poésie, à sa philosophie intime, tout comme celle de nos questions existentielles communes.

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Andrei Tarkovski, réalisateur de Stalker

Andrei Tarkovski a adapté le scénario écrit par Arcadi et Boris Strougatski, qui est lui-même une adaptation de leur roman du même nom. Andreï Tarkovski est né en 1932 en URSS et mort en France en 1986. Il est un des réalisateurs qui a su renouveler le cinéma d’auteur en Russie. Il a su imposer son art dans le monde entier malgré ses tournages tourmentés et ses films exigeants. Il s’est écarté très vite du cinéma pro-soviétique pour se concentrer sur une vision mystique du monde ce qui lui a valu d’être très souvent confronté à la censure.

 

 

Festival 2020