Festival 2011

De l’audace, de l’audace et encore de l’audace !

Le Nouveau Théâtre Populaire revient pour la troisième année à Fontaine-Guérin. Politiques, poétiques ou drolatiques, les spectacles de l’édition 2011 invitent à un grand banquet de théâtre. Au plaisir de vous retrouver !

LA MORT DE DANTON / BUCHNER
Les 1er, 4, 7 et 10 août à 21h et le 12 à 21h45 [création]
DRAME HISTORIQUE
Paris, 1794. Faute de pouvoir répondre aux aspirations du peuple, les dirigeants révolutionnaires sont pris dans l’engrenage de la Terreur. Danton et ses amis, piégés par Robespierre et le Comité de Salut Public, sont accusés de trahison. A vingt-deux ans, Georg Büchner saisit le tremblement des hommes face à l’Histoire.

TAILLEUR POUR DAMES / FEYDEAU
Les 2, 5, 8 et 11 août à 21h et le 12 à 20h [création]
VAUDEVILLE
Pour cacher un début de liaison, le docteur Moulineaux se lance dans une cascade de mensonges, de pirouettes et de dissimulations face à sa femme, sa belle-mère, le mari de sa maîtresse, l’amante de celui-ci qui fut jadis celle de Moulineaux… Farces, quiproquos, suspens et drame sont au rendez-vous.

LE CID / CORNEILLE
Les 3, 6 et 9 août à 21h [nouvelle version]
TRAGI-COMÉDIE
Offensé par son rival Don Gormas, Don Diègue ordonne à son fils Rodrigue de le venger. Mais Rodrigue doit sacrifier pour cela l’amour qui l’unit à Chimène, la fille de Don Gormas. Un conflit s’engage, douloureux et optimiste, entre les lois de l’honneur et celles de l’amour.

LE PETIT POUCET / PERRAULT
Les 4, 6, 8, 10 et 12 août à 11h [création]
MINI-MÉLODRAME
Quand vient la famine, le bûcheron et sa femme abandonnent leurs sept fils dans la forêt : pour sauver ses frères, le petit Poucet devra plonger au coeur du cauchemar. Le conte de Perrault est un chemin
magique pour pénétrer au coeur de nos frayeurs – et les apprivoiser par le rire.

CONTES DE LA RUE BROCA / GRIPARI
Les 5, 7, 9 et 11 août à 11h [lectures]
Venez nous rejoindre dans l’herbe, à l’ombre d’un arbre, pour écouter les histoires merveilleuses de Monsieur Pierre…

De Pierre Corneille

Mise en scène : Lazare Herson-Macarel
Collaboration artistique : Sacha Todorov

Les 3, 6 et 9 août à 21h
Durée : 1h50

Avec :
– Pauline Bolcatto : Chimène, fille de Don Gormas
– Clovis Fouin : Don Rodrigue, amant de Chimène
– Claire Sermonne : Dona Urraque, Infante de Castille
– Frédéric Jessua : Don Diègue, père de Don Rodrigue
– Joseph Fourez : Don Gormas, père de Chimène
– Julien Campani : Don Fernand, premier Roi de Castille
– Morgane Nairaud : Elvire, gouvernante de Chimène
– Sophie Guibard : Léonor, gouvernante de l’Infante
– Emilien Diard-Detœuf  : Don Sanche, amoureux de Chimène
– Valentin Boraud : Don Arias, gentilhomme castillan
– Julien Romelard : Don Alonse, gentilhomme castillan
– Léo Cohen-Paperman : Un page de l’Infante

Tragi-comédie en 5 actes, représentée pour la première fois le 5 janvier 1637.

Décor commun : Antoine Philippot
Administration, communication, intendance : Lola Lucas
Intendance : Caroline Boraud

Chimène et Rodrigue s’aiment d’un amour parfait. Le mariage qui achèvera leur bonheur sera bientôt scellé. Mais Don Gormas, le père de Chimène, offense gravement Don Diègue, le père de Rodrigue. En vengeant l’honneur de son père, en tuant Don Gormas, Rodrigue doit sacrifier Chimène. C’est ainsi que nait ce couple d’ennemis amoureux, les plus célèbres de l’histoire du théâtre.

Dans “Cette obscure clarté qui tombe des étoiles”, nous avons cherché à révéler l’onirisme du chef d’oeuvre de Corneille. Pour nos héros, tout change brutalement de visage, et les voilà contraints, tremblants, hallucinés et coupables, d’obéir à un devoir impossible. Comme dans les rêves, leurs malheurs et leurs soulagements viennent de sphères inconnues. Comme dans les rêves, les êtres chers deviennent autant de fantômes. Comme dans les rêves, on se perd, on se transforme, on s’oublie.

Enfin, l’idée de monter Le Cid est indissociable de l’idée de théâtre populaire : au-delà d’un discret hommage à la mise en scène de Jean Vilar, nous sommes heureux de vous présenter ce poème dramatique qui a fasciné quatre siècles de théâtre, par la beauté de la langue, la profondeur du sentiment et la force des idées. Lazare Herson-Macarel

Pierre Corneille :
Né à Rouen en 1606, Pierre Corneille devient d’abord avocat. C’est, paraît-il, un premier amour malheureux qui lui inspire sa première pièce, la comédie Mélite (1629). Ce coup d’essai (un coup de maître) le rend aussitôt célèbre. Après plusieurs autres comédies (dont L’Illusion comique en 1635), il fait jouer en 1637 Le Cid : le succès est fulgurant, au point de déclencher une cabale contre les audaces de l’auteur – c’est la célèbre Querelle, qui aboutit à la définition des règles du théâtre classique, et à la création de l’Académie Française. D’autres coups d’éclat suivront (d’Horace en 1640 à Suréna en 1674). Si Corneille est progressivement éclipsé par de jeunes auteurs en vogue (Racine, Molière), la postérité le reconnaît comme l’un des plus grands poètes de l’Histoire. Il meurt à Paris en 1684.

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De Georges Feydeau

Mise en scène et décor : Frédéric Jessua
Collaboration artistique : Sophie Guibard

Les 2, 5, 8 et 11 août à 21h et le 12 à 20h
Durée : 1h20

Avec :
– Lazare Herson-Macarel : Moulineaux
– Emilien Diard-Detœuf  : Bassinet
– Joseph Fourez : Aubin
– Morgane Nairaud : Suzanne
– Julien Campani : Madame Aigreville
– Claire Sermonne : Yvonne
– Julien Romelard : Etienne
– Pauline Bolcatto : Rosa
– Sacha Todorov : Madame d’Herblay
– Sophie Guibard : Pomponnette
– Kiki : un chien

Durée : 1h25

Comédie en 3 actes, représentée pour la première fois au Théâtre de la Renaissance à Paris le 17 décembre 1886.

Décor commun : Antoine Philippot
Administration, communication, intendance : Lola Lucas
Intendance : Caroline Boraud

Pour cacher un début de liaison, le docteur Moulineaux se lance dans une cascade de mensonges, de pirouettes et de dissimulations face à sa femme, sa belle-mère, le mari de sa maîtresse, l’amante de celui-ci qui fut jadis celle de Moulineaux…

Composée par l’auteur à l’âge de 24 ans, Tailleur pour Dames est sa première pièce en trois actes et son premier triomphe. Mettre en scène les tribulations de ce médecin, menteur comme un arracheur de dents, oblige les acteurs et le metteur en scène à se plier à une rigueur sans jamais oublier la fantaisie. Je me suis attelé à respecter la mécanique textuelle et scénique imposée par Feydeau et à travailler sur ce jeu que je qualifie de « concret » consistant à éprouver (sans distance bien sûr) toutes les situations aussi rocambolesques qu’elles puissent être. De ce travail minutieux et fougueux surgira, le rire, la folie et bien sûr, nous l’espérons tous, un savoureux moment de théâtre… Frédéric Jessua

Georges Feydeau (1862-1921):

Fils naturel de mère polonaise, Georges Feydeau est né à Paris. Il connaît le succès avec ses comédies folles à la mécanique impeccable. Il décède à 59 ans, après avoir sombré dans la folie des suites d’une syphilis. Tailleur pour dames (1886) ; Chat en poche (1888) ; Monsieur chasse ! (1892) ; Un fil à la patte (1894) ; L’Hôtel du libre échange (1894) ; Le Dindon (1896) ; La Dame de chez Maxims (1899) ; La Main passe (1904) ; La Puce à l’oreille (1907) ; Occupe-toi d’Amélie (1908) ; On purge bébé (1910) ; Hortense a dit : « Je m’en fous! » (1916).

De Georg Büchner

Mise en scène : Léo Cohen-Paperman
Collaboration artistique : Valentin Boraud et Julien Campani
Assistanat à la mise en scène : Valentin Boraud

Les 1er, 4, 7 et 10 août à 21h et le 12 à 21h45
Durée : 2h20

Avec :
– Julien Campani : Georges Danton
– Valentin Boraud : Camille Desmoulins, député dantoniste
– Julien Romelard : Lacroix, député dantoniste
– Sacha Todorov : Philippeau, député dantoniste
– Joseph Fourez : Legendre, député dantoniste
– Emilien Diard-Detœuf  : Robespierre, membre du Comité de salut public
– Lazare Herson-Macarel : St. Just, membre du Comité de salut public
– Autres membres du Comité de salut public : Pauline Bolcatto, Clovis Fouin, Sophie Guibard, Lazare Herson-Macarel
– Claire Sermonne : Julie, femme de Danton
– Morgane Nairaud : Lucile, femme de Camille Desmoulins
– Pauline Bolcatto : Marion, fille de joie
– Hommes et femmes du peuple, filles de joie, députés, bourreaux, etc : Pauline Bolcatto, Caroline Boraud, Emilien Diard-Detoeuf, Clovis Fouin, Joseph Fourez, Sophie Guibard, Lazare Herson-Macarel, Morgane Nairaud, Claire Sermonne

Drame en 4 actes, écrit en 1835 et représenté pour la première fois le 5 janvier 1902 à Berlin.

Décor commun : Antoine Philippot
Administration, communication, intendance : Lola Lucas
Intendance : Caroline Boraud

Paris, 1794. Faute de pouvoir répondre aux aspirations du peuple, les dirigeants révolutionnaires sont pris dans l’engrenage de la Terreur. Danton et ses amis, piégés par Robespierre et le Comité de salut public, sont accusés de trahison et envoyés à la guillotine. Partout en France, les places, les rues et les squares nous rappellent qui ont été les pères de la Révolution. Et, comme souvent, la postérité a distribué ses louanges et ses blâmes. Robespierre, Messie sanguinaire. Danton, ange modéré. J’ai envie de déconstruire ces images et de douter du bien-fondé de nos représentations habituelles. Peut-on réduire Robespierre à son rôle de bourreau ou, au contraire, faire des députés dantonistes des hommes sans tâches ? Il ne s’agit pas ici de prendre parti, mais bien de montrer que la Terreur est un engrenage complexe, une machine qui broie ses inventeurs – un gouffre de la Raison.

Nous chercherons, autant que possible, le mensonge – la source intime du discours. Je veux dire par là que tout discours politique et moral trouve ses fondements dans le corps des femmes et des hommes, avec leurs névroses, leurs manques, leur recherche de jouissance. En ce sens, nous serons les psychanalystes des révolutionnaires. Qui mieux que de jeunes acteurs pour dire cet orage de contraires ? Au-delà du théâtre de la Révolution, La Mort de Danton raconte comment un jeune poète (mort à 23 ans) affronte la mort. Avant de mourir, le temps n’est pas méditatif, mais rapide, incohérent, spasmophile. Le rythme du spectacle sera à cette image. La représentation se débarrassera peu à peu de ses ornements et de ses repères – historiques et scénographiques. Comme si, en nous enfonçant dans les ténèbres de la mort, nous goûtions une virginité nouvelle. Léo Cohen-Paperman

Georg Büchner (1813-1837) :
Dramaturge, écrivain, révolutionnaire, médecin et scientifique allemand. Il est l’auteur de La
Mort de Danton
(1835), Lenz (1835), Léonce et Léna (1836), et Woyczek (1837).

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De Charles Perrault

Adaptation, mise en scène et musique : Sacha Todorov

Les 4, 6, 8, 10 et 12 août à 11h
Durée : 40 minutes

Avec :
– Valentin Boraud : Le Petit Poucet
– Frédéric Jessua : Le bûcheron / L’ogre
– Sophie Guibard : La bûcheronne / La femme de l’ogre
– Et au piano : Sacha Todorov

Décor commun : Antoine Philippot
Administration, communication, intendance : Lola Lucas
Intendance : Caroline Boraud

Quand vient la famine, le bûcheron et sa femme abandonnent leurs sept fils dans la forêt : pour sauver ses frères, le petit Poucet devra plonger au coeur du cauchemar. Un chemin magique pour explorer nos frayeurs – et les apprivoiser par le rire.

Charles Perrault
Né à Paris en 1628, Charles Perrault est d’abord un homme de cour, grand commis de Louis XIV. Ses premières oeuvres font peu de bruit ; mais lorsqu’il fait l’éloge du roi dans son poème Le Siècle de Louis le Grand (1687), il déclenche la Querelle des Anciens contre les Modernes. S’opposant à Boileau, Racine ou La Fontaine, il affirme la supériorité des Modernes, et le droit à l’innovation en art. Ce n’est donc pas de l’Antiquité mais des traditions populaires qu’il s’inspire lorsqu’il écrit ses Histoires ou Contes du temps passé, appelés aussi Contes de ma mère l’Oye. Il les publie en 1697 sous le nom de son fils (alors âgé de dix ans !) : leur succès le rend célèbre. Aujourd’hui, ils font partie des contes les plus connus d’Europe.