Festival 2015

Vie et mort de sept rois

Texte : Léo Cohen-Paperman et Sacha Todorov en collaboration avec les comédiens du spectacle
Mise en scène : Léo Cohen-Paperman
Collaboration artistique et piano : Sacha Todorov

Avec :

Pauline Bolcatto : Pierre Mendès-France, La République, Foule de Mai 68, La Mort, Elisabeth Hubert, Elisabeth Guigou, Cécilia Sarokzy, Carla Bruni, Eva Joly, Laurence Ferrari.
Valentin Boraud : André Le Troquer (Président de l’Assemblée Nationale le 1er juin 1958), Porte-Drapeau, Soeur Sourire, Evariste, Jean-Michel Royer, Jacques Chaban-Delmas, Laurent Fabius, François Autain, Pierre Mauroy, Pierre Bérégovoy, Lionel Jospin, Ségolène Royal, François Hollande.
Julien Campani : Jacques Soustelle, Danton, Jacques Chirac, Nathalie Arthaud.
Philippe Canales : Valéry Giscard d’Estaing, Un Résistant, Maurice Challe, Soeur Sourire, Evariste, un médecin, Joseph Franseschi, Laurent Fabius, Robert Badinter, Pierre Mauroy, Edouard Balladur, Jean-Louis Debré, François Bayrou.
Emilien Diard-Detœuf : François Mitterrand, Dominique de Villepin, Jean-Pierre Chevènement, Journaliste, Jacques Cheminade.
Joseph Fourez : Georges Bidault, Soldat de 14/18, Georges Pompidou, Eddy Mitchell, Jacques Delors, Jack Ralite, Pierre Mauroy, Edwy Plenel, Guillaume Durand, Alain Juppé, Hubert Védrine, Grand Chancelier de la Légion d’Honneur, Philippe Poutoux.
Sophie Guibard : Guy Mollet, Foule de Mai 68, Jacqueline Baudrier, Michèle Cotta, Jacques Séguéla, Laurent Fabius, André Henri, Georges Fillioud, Pierre Bérégovoy, Nicolas Sarkozy.
Morgane Nairaud : Léopold Sédar Senghor, Assassin du Petit Clamart, Foule de Mai 68, Claude Pompidou, Marie-France Garaud, Georgina Dufoix, Pierre Mauroy, Martine Aubry, Marine Le Pen.
Antoine Philippot : Charles De Gaulle, Alain Duhamel, Jean Boissonnat, Pierre Mauroy, Robert Badinter, Jack Lang, Max Gallo, Elie Vannier, Alain Madelin, Jean-Pierre Raffarin,  Bernard Kouchner, Nicolas Dupont-Aignan, Laurent Delahousse.
Loïc Riewer : Jean-Marie Le Pen, André Malraux, Maurice Thorez, Foule de Mai 68, Pierre Juillet, Charles Pasqua, Jacques Toubon, Dominique Strauss-Kahn, Jean-Luc Mélenchon.

Costumes : Zoé Lenglare

Administration et production : Lola LucasFrédéric Jessua
Régie générale : Thomas Chrétien

 

Le Jour de gloire est arrivé raconte l’odyssée grotesque et sublime de la politique française sous la Cinquième République : de 1958 à nos jours.

Nous sommes unis par une histoire commune ! Et si nous consentions à écrire un récit – insistons sur le mot récit – collectif ? Et si nous faisions théâtre de cette histoire ? C’est le projet que la troupe du Nouveau Théâtre Populaire a décidé de prendre à bras le corps. Nous avons choisi, collectivement, de nous emparer de la grande Histoire, du Général de Gaulle à François Hollande, avec les armes du théâtre. Ni accusateurs, ni hagiographes, nous voudrions nous emparer joyeusement de ces cinquante-sept dernières pour écrire, en deux heures, la chronique de nos origines.

Nous aimons, comme le chante Lear, « chanter, prier, raconter des histoires héroïques, se moquer avec les pauvres de la vie des puissants, qui triomphent et qui perdent, qui gouvernent et qui tombent, et se moquer de ces papillons d’or fragiles, s’approcher doucement des mystères de l’être comme si nous étions des espions de Dieu. » L’origine, l’incarnation et la personnalisation du pouvoir sont comme le feu : ils réchauffent en même temps qu’ils brûlent.

Deux idées fondatrices, donc : le passé comme constitution d’un héritage commun et la fascination – en même temps que le dégoût – pour ceux qui nous gouvernent. Nous proposons ainsi l’hypothèse suivante : Le Jour de Gloire est arrivé racontera l’histoire de sept rois – Charles de Gaulle, Georges Pompidou, Valéry Giscard d’Estaing, François Mitterrand, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande – de sept rois, et de leurs cours, de leurs femmes, de leurs luttes, de leur élévation et de leur déchéance.

Sept rois, donc sept théâtres. En travaillant sur le spectacle, j’ai beaucoup pensé à Shakespeare. On revient toujours à la source du théâtre occidental. Le titre complet de Richard III, c’est La Vie et la Mort du Roi Richard III. Pourquoi Shakespeare ? Parce qu’au fond, ses pièces historiques avaient la même fonction : réunir un public autour d’une histoire et traiter ses presque contemporains comme des mythes – et donc, faire mythologie commune, et donc formuler par la parole et la chair ce qui constitue une part de notre identité et de notre héritage.

Texte : Sophocle
Traduction et adaptation : Lazare Herson-Macarel et Sacha Todorov

Mise en scène : Lazare Herson-Macarel
Collaboration artistique : Philippe Canales

Le chœur :

Damien Bellard
Catherine Bidault
Eve Blanchard
Françoise Cassin
Véronique Côme
Louis Delaunay
Ophélie Guéguen
Paul Lemonnier
Erwann Meneret
Michel Rateau
Christophe Rouger
Claire Savary

Le Coryphée : Antoine Philippot
Œdipe : Baptiste Chabauty
Créon : Loïc Riewer
Tirésias : Anna Fournier
Jocaste : Elsa Grzeszczak
Le messager de Corinthe : Julien Romelard
Le berger : Valentin Boraud
Le messager du Palais : Sacha Todorov

Direction musicale : Baptiste Chabauty
Percussions : Baptiste Chabauty et Sacha Todorov
Costumes : Zoé Lenglare
Maquillages : Philippe Canales
Régie générale : Thomas Chrétien
Administration et production : Lola Lucas, Frédéric Jessua

 

Œdipe-Roi est l’histoire d’un peuple en état de catastrophe. La peste est sur Thèbes, le blé ne vient plus, les femmes n’enfantent plus, hommes et bêtes meurent par dizaines, de maladie et de faim. Les Thébains viennent demander à Œdipe de les sauver, mais ils ignorent qu’Œdipe est la source même de leur malheur. Sans que personne ne le sache, la tragédie a déjà eu lieu : Œdipe a déjà tué son père, il a déjà couché avec sa mère, il a déjà des enfants qui sont aussi ses frères et ses sœurs. A rebours de l’interprétation freudienne du mythe d’Œdipe-Roi, la pièce de Sophocle m’apparaît comme le récit d’une crise politique, une formidable machine à penser nos pestes contemporaines : l’indifférence des élites, la pauvreté, la violence sociale, la haine de tous contre chacun, l’accroissement des inégalités, les replis identitaires, la misère matérielle et spirituelle. En découvrant ce texte écrit il y a 2500 ans, nous sommes face à l’immense tâche qui nous reste à accomplir : le renouveau politique.

Œdipe-Roi est une tragédie qui se termine bien. Après le départ d’Œdipe pour l’exil, l’oracle des dieux se réalise et la peste prend fin. Le peuple libéré du fléau reste seul, avec une nouvelle page d’histoire à écrire, un nouvel équilibre poétique et politique à inventer et à mettre en œuvre. En effet, ce bannissement final, cette remise en cause des fondements même de notre système, n’est-ce pas une nécessité que nous devrions sentir chacun à notre manière, une sorte de mission dont nous savons qu’elle finira par s’imposer au cours des années à venir ?

Le projet de monter Œdipe-Roi à Fontaine-Guérin trouve son sens grâce à la présence des acteurs volontaires venus du public qui ont eu le courage de monter sur notre plateau pour incarner le chœur tragique, pour porter haut la parole de ce peuple qui interroge, qui questionne, qui redoute, qui cherche la justice. Grâce à eux, on entend l’écho véritable de l’espoir, on devine l’hésitation intime qui traverse la foule des vivants, on assiste à l’effort collectif pour agir en fonction de la raison, de la loi intime écrite au cœur de chaque être humain, et non pas en fonction d’une impulsion violente, d’un instinct bestial, ou du réflexe grégaire dicté par la bêtise.

Enfin, grâce à cette troupe extraordinairement nombreuse, composée de gens si différents, il n’est plus seulement question de théâtre, mais aussi de renforcer le lien que nous tissons ensemble depuis sept ans, acteurs et spectateurs du Nouveau Théâtre Populaire. Ce spectacle est une tentative de partager avec l’ensemble du public nos interrogations profondes. Celles qui existent au sein de la troupe, celles qui nous rassemblent avec vous après les spectacles, celles qui laissent espérer une aube de la pensée au sein de la communauté humaine d’aujourd’hui, pour inventer un lendemain meilleur.

Texte : Anton Tchekhov
Traduction : André Markowicz et Françoise Morvan

Mise en scène : Julien Romelard
Collaboration artistique : Joseph Fourez

Avec :
Pauline Bolcatto : Lioubov Andreevna
Anna Fournier : Ania
Morgane Nairaud : Varia
Philippe Canales : Gaev
Émilien Diard-Detoeuf : Lopakhine
Lazare Herson-Macarel : Trofimov
Loïc Riewer : Pichtchik
Sophie Guibard : Charlotta
Baptiste Chabauty : Epikhodov
Elsa Grzeszczak : Douniacha
Frédéric Jessua : Firs
Julien Campani : Iacha
Louis Delaunay : Un passant
Joseph Fourez : Un chanteur

Costumes : Zoé Lenglare

Administration et production : Lola LucasFrédéric Jessua
Régie générale : Thomas Chrétien

 

Anton Tchekhov écrit La Cerisaie en 1903 dans une Russie en pleine transition, à la veille de la révolution, alors qu’il se meurt de la phtisie. Faible et en retraite loin de la capitale, il questionne cet instant fragile où la communauté est face à l’imminence d’un bouleversement. Comment construire un nouvel ordre sans pour autant sacrifier ce qui fait notre identité ? Qu’est-on prêt à détruire pour cela ? Faut-il abattre notre passé pour construire notre futur ? Sans aborder ces questions frontalement, Tchekhov trace le portrait saisissant d’une société en mouvement à travers ses personnages et leur complexité humaine ; c’est dans ce contexte que nous créerons Notre Cerisaie.
Monter Tchekhov au NTP, à Fontaine-Guérin, c’est exprimer une fois de plus notre envie de nous confronter aux grands auteurs et de faire vivre les oeuvres majeures du répertoire.
Monter La Cerisaie aujourd’hui, c’est nous permettre de révéler le bouleversement que nous traversons au sein du NTP avec le public. A travers le récit de la vente de cette Cerisaie, nous racontons notre histoire, la re-construction sincère et joyeuse de ce qui fait l’essence de notre démarche. Construction qui s’accompagne bien entendu de doutes, de questionnements, de désirs, d’élans de beauté et de l’espoir possible d’un nouveau lieu de théâtre.
Monter La Cerisaie aujourd’hui, c’est affirmer le travail de notre troupe, notre manière d’interroger le théâtre ici face à ce public, parce que tout se fera à la vue des spectateurs.
Monter La Cerisaie aujourd’hui, c’est raconter l’histoire intime d’un auteur de théâtre écrivant son dernier chef-d’œuvre ; alors qu’il se meurt, il nous laisse non dans la tristesse de sa disparition mais dans la célébration de son héritage.
Monter La Cerisaie au NTP est une nécessité pour nous.

Texte : Elsa Grzeszczak et Sacha Todorov

Mise en scène : Elsa Grzeszczak

Avec :
Morgane Nairaud : L’Enfant sauvage
Joseph Fourez : Lulu / Le Bûcheron
Claire Sermonne : La Matrone / Un Chasseur
Frédéric Jessua : Le Forain / Un chasseur
Elsa Grzeszczak : Maria / Un Chasseur / La Scientifique

Costumes : Zoé Lenglare

Administration et production : Lola LucasFrédéric Jessua
Régie générale : Thomas Chrétien

 

L’enfant sauvage fait écho au balbutiement de notre humanité et de nos premiers mots, ceux qui nous ont permis d’affronter le réel. C’est un questionnement sur ce qui façonne notre rapport aux choses, et notamment la découverte miraculeuse du langage ; questionnement qui renvoie inévitablement à notre rapport à l’autre, celui qui guide nos premières interrogations.

Il nous pose aussi une autre question : face à un monde qui s’empresse de nous figer dans une identité sociale, où retrouver une certaine part animale, d’avant le langage — part animale qui nous sauvera peut être de la noyade affective, en nous faisant glisser vers un monde de cris et de langage physique ? Charriant toute la force vive de la nature, son animalité et sa sauvagerie, cet enfant va faire vaciller tous les personnages qui l’entourent, et leur renvoyer comme un écho lointain de leur innocence perdue, archaïque et joyeuse

Adaptation et mise en scène : Emilien Diard-Detœuf et Sophie Guibard

Avec :
Valentin Boraud :  Serafin Calobarsi
Julien Campani : Alain Crasbefrois
Baptiste Chabauty : Alcofribas Nasier
Sacha Todorov : Isabel Carransoif

Costumes : Juliette Gaudel
Scénographie : Nayel Zeaiter

Administration et production : Lola Lucas, Frédéric Jessua
Régie générale : Thomas Chrétien

 

« Mieulx est de ris que de larmes escrire,
Pour ce que rire est le propre de l’homme »

Pénétrez avec nous dans le cabinet de Rabelais, enfant de la région – il est né à Seuilly, à 60 kilomètres de Fontaine-Guérin – et ogre mal connu de la littérature française. « Gargantuesque », « pantagruélique », c’est Rabelais ! « La substantifique moëlle », c’est Rabelais ! Les guerres « picrocholines », « enfiler les perles », « vogue la galère », « appeler un chat un chat », « revenir à ses moutons », Rabelais, encore Rabelais ! On ne soupçonne pas l’influence de l’auteur sur le français d’aujourd’hui.  La langue de Rabelais, vieille de cinq cents ans, est si concrète, si imagée, si savoureuse, que nous n’avons pas voulu en changer un mot : c’est dans sa langue d’origine, le françois, que nous raconterons la vie de ce gigantesque goinfre, figure légendaire du XVIe siècle, enfant de la culture humaniste.

La Vie treshorrificque du grand Gargantua est un spectacle sur la possibilité de tout apprendre et de tout penser, sans aucune censure. Tout apprendre, tout penser, et tout dire : le comique, le grotesque, le pathétique, le scatologique, le scientifique, l’astronomique, tout, tout et tout. Sauf l’obscurantique : pas de fausse connaissance, pas d’érudition vaine, pas de curiosité feinte. L’étonnement ne peut pas être trahi.

La Vie treshorrificque du grand Gargantua est aussi un spectacle sur la liberté de la langue, qui est le début de toute liberté. Pouvoir tout dire, c’est pouvoir aborder  tous les sujets, de l’église à la matière fécale ;  c’est aussi pouvoir dire tous les mots, même les mots inventés. Pour que l’homme se libère, il faut qu’il libère sa capacité à parler. Il faut qu’il libère sa langue. Après Rabelais, l’orthographe s’académise, la pensée se soumet à la raison, la langue se range sous l’empire des lois. Pourtant le souvenir des géants reste dans les mots : la liberté a laissé une trace écrite et orale dans l’ordre établi. La Vie treshorrificque du grand Gargantua, c’est l’enfance du français, une enfance libre, facétieuse, bâtarde dont le français adulte se souvient avec émotion, comme d’une époque d’insouciance et de gaieté.

Texte : Georges Feydeau

Mise en scène et décor : Frédéric Jessua
Collaboration artistique : Sophie Guibard

Spectacle en itinérance  (voir la carte des lieux) :

• Vendredi 31 juillet 20h30 à La Chaudefonds-sur-Layon (La Carrière)
49290 Chaudefonds-sur-Layon
Depuis Angers prendre Nantes par la nationale jusqu’à St Georges-sur-Loire puis direction Chalonnes-sur-Loire à gauche. A Chalonnes prendre la direction Cholet, environ 4 km après à gauche vers Chaudefonds (voie ferrée), ensuite fléchage NTP.

• Samedi 1er août à 20h30 à Brion (Le Saule Foudroyé)
Peggy Paint Ranch (La Bloterie) – 49250 Brion
Depuis Brion, prendre la direction de Mouliherne. Suivre la route sur environ 700 m. Prendre à gauche direction Peggy Paint ranch. ensuite fléchage NTP.

• Vendredi 7 août à 20h30 à Gennes (Le Parc du Château)
Route de Louerre – 49350 Gennes
En venant des Rosiers ou de Saumur, au rond point devant la Mairie, première sortie à droite par la rue de la République, suivre la direction Route de Louerre et les panneaux bleus « Château de la Roche ».

• Samedi 8 août à 20h30 à Ambillou-Château (Troglorêves)
3 rue Mazières – 49700 Ambillou-Château
Depuis Gennes, prendre la D70 direction Louerre. À Louerre prendre la D156 direction Ambillou-Château. Après 1 km environ prendre à gauche en suivant le fléchage NTP.

• Samedi 22 août à 16h à Mazé (La Grange)
Route du Méteil Mazé – 49630 Mazé
Depuis Mazé centre, prendre la direction de Saint-Mathurin. Après le petit pont sur l’Authion à 200 m, prendre la route à droite, puis suivre le fléchage NTP (environ 2 km).

• Dimanche 23 août à 16h à Baugé (Les Grands Moulins)
2 rue de la Fontaine – 49150 Baugé
A Baugé, depuis le centre et au croisement des avenues Victor Hugo et Jeanne d’Arc, prendre en contrebas la rue de la Fontaine. Fléchage NTP présent en amont.

•Vendredi 28 août à 16h à Charcé-Saint-Ellier-sur-Aubance (Les Grandes Portes)
49320 Charcé-Saint Ellier-sur-Aubance
Depuis St Mathurin-sur-Loire, prendre la direction Brissac. Après 5 km, prendre à gauche la direction Les Alleuds vers le château d’eau, puis direction Charcé-Saint-Ellier puis suivre le fléchage NTP.

Avec :
Pauline Bolcatto : Yvonne
Julien Romelard : Lucien
Antoine Philippot : Joseph / Le lecteur
Frédéric Jessua : Annette

Durée : 55 minutes

Costumes : Zoé Langlare
Perruques : Elodie Martin
Arrangement musical : Sacha Todorov

Administration et production : Lola Lucas, Frédéric Jessua
Régie générale : Thomas Chrétien

 

1908, Georges Feydeau est un auteur à succès, la plupart de ses grosses productions l’ont propulsé au firmament du théâtre parisien ; mais la recette du succès semble le lasser. Il a également beaucoup perdu au jeu et, suite à une violente dispute avec sa femme qui a pris un amant, il a quitté le domicile conjugal pour établir sa demeure dans la chambre d’un hôtel parisien près de la Gare Saint Lazare (il ne la quittera plus pendant une dizaine d’années, jusqu’à son enfermement en sanatorium suite à une syphilis qui a dégénéré en folie). Il entame alors un cycle d’écriture de pièces courtes en un acte, des comédies dites de mœurs, qui viennent renouveler le vaudeville : l’intrigue avance rapidement, la langue est encore plus acerbe, les personnages mis en scène sont de plus en plus impitoyables, cruels les uns envers les autres.

Feu la mère de Madame est la première de ce cycle. Une chambre, un lit, un couple, une domestique et un messager pour engendrer une situation bien évidemment rocambolesque. Avec cette pièce, Feydeau revient ainsi à l’essentiel pour se jouer encore plus de la médiocrité du comportement de la bourgeoisie parisienne. Ses héros, victimes malheureuses de sa plume, n’en demeurent pas moins attachants. Peut-être parce qu’ils semblent encore plus proches de nous ?

Monter Feu la mère de Madame est un exercice naturel tant cette pièce courte semble avoir été conçue par son auteur comme un retour à l’essentiel: décor unique, peu de meubles, quelques accessoires, des entrées et sorties réduites à leurs plus simples expressions. Il devient alors évident de penser sa représentation en extérieur pour un public proche en communion avec les interprètes. On découvre un cadre, on se laisse surprendre par une ambiance. Feu la mère de Madame, qui oscille joyeusement entre le comique et le tragique, semble être la parfaite partition pour accueillir nos spectateurs (de tous âges) en quête de divertissement et d’émotions fortes.

Cette année, Beaufort en Anjou et le NTP organisent quatre soirées exceptionnelles. Comme les années précédentes, vous pourrez découvrir à travers des lectures les oeuvres et les thèmes que nous avons décidé de vous proposer lors de la 7ème édition, mais il y aura également pour la première fois une soirée de projection présentant notre aventure et nos rêves pour l’avenir. Continuité et innovation : le NTP, c’est toute l’année !

Entrée libre pour toutes les lectures. Pour plus d’informations : service culturel de Beaufort en Anjou au 02.41.79.36.12

FEYDEAU
mardi 20 janvier à 20h30 à La Bulle à Mazé (réservations au 02 41 80 61 31)

En 2015 Feydeau revient au NTP, cette fois-ci en itinérance avec Feu la mère de madame, une pièce en un acte. Cette lecture à la médiathèque de Mazé permettra à la troupe de revenir sur les oeuvres majeures du dramaturge, celles qui ont fait sa légende. Lectures de scènes, résumés d’intrigues, témoignages d’acteurs et de metteurs en scène, évoqueront cette période de folie créatrice qui a marqué à jamais le théâtre français.

LA Ve RÉPUBLIQUE
mardi 24 février à 20h30 à la bibliothèque de Beaufort

Née en 1958 en plein conflit algérien, la Cinquième République n’a jamais cessé de nourrir le débat public. Nous tenterons, en une heure, de raconter un demi-siècle de vie politique française. Nous vous invitons à une lecture, «vite fait, mal fait», ainsi que l’écrivait Antoine Vitez, pour préparer le spectacle qui vous sera présenté cet été à Fontaine-Guérin. Vous verrez devant vous Charles De Gaulle, VGE, Simone Veil, François Mitterrand, Jacques Chirac… Et vous serez appelés aux urnes !

SOPHOCLE
mardi 17 mars à 20h30 à la bibliothèque de Fontaine-Guérin

Sophocle (495-406 av. JC) est l’un des plus grands poètes dramatiques du Siècle d’Or athénien. A l’heure où l’humanité invente le droit et la démocratie, il écrit une oeuvre colossale dont sept tragédies seulement nous sont parvenues. Les mythes dont il fait le récit sont la source même de notre culture et de notre littérature. Le Nouveau Théâtre Populaire vous invite, à travers l’oeuvre de Sophocle, à rêver tout un monde oublié.

LES HÉRITIERS DE L’AVENIR
jeudi 28 mai à 20h30 au Cinéma-Théâtre de Beaufort

Caméra au poing, Jean-Gabriel Carasso a suivi l’équipe du Nouveau Théâtre Populaire tout au long de la sixième édition du festival. Nous vous proposons de découvrir le film qui est issu de ce patient travail : Les héritiers de l’avenir. C’est un document qui permet de comprendre l’envers du décor : les sources, les enjeux, les difficultés et les joies que nous traversons ensemble avec le public de Fontaine-Guérin et de la Communauté de Communes de Beaufort-en-Anjou. Venez nombreux !

Vous pouvez télécharger le tract 2015.

du 15 au 28 août 2015


Le jour de gloire est arrivé
/ Ecriture collective

les 15, 18, 21, 24 et 27 août à 20h30 [création]

Le Jour de gloire est arrivé évoque les dernières pages du roman français, du début de la Cinquième République à nos jours. À travers des extraits de discours, de débats télévisés, mais aussi de scènes improvisées, nous raconterons la France de nos grands-parents, de nos parents et peut-être celle de nos enfants… Du «Je vous ai compris…» du Général de Gaulle au «Moi, Président de la République…» de François Hollande, nous vous invitons à un voyage drolatique, poétique et politique dans la grande Histoire, celle qui nous réunit. Pour ne pas désespérer de notre avenir, ressuscitons sans honte notre passé !


Oedipe-Roi
 / Sophocle

les 16, 19, 22, 25 et 28 août à 20h30 [reprise]

Nous sommes dans un pays qui désespère de son avenir. La peste est sur Thèbes. Pour libérer son royaume de ce fléau, Œdipe doit résoudre une énigme dont il est lui-même la terrible réponse. L’enquêteur découvre alors qu’il est le criminel, le sauveur qu’il est le mal, le héros qu’il est maudit, l’homme libre qu’il est le jouet du destin.
Pour la première fois au festival, c’est un chœur d’acteurs amateurs venus du public qui incarnera le chœur des citoyens – image d’un peuple inquiet, soucieux de justice, assoiffé de joie. Une grande cérémonie tragique pour penser ensemble, acteurs et spectateurs, notre destin collectif dans des temps troublés.


La Cerisaie
/ Tchekhov

les 17, 20, 23 et 26 août à 20h30 [reprise]

Lioubov Andreevna retrouve sa maison d’enfance, sa Cerisaie. Endettée, elle doit la vendre mais ne peut s’y résoudre… Faut-il abattre notre passé pour construire notre futur ?
Cassons nos habitudes de théâtre et venez participer à une grande fête où nos rires se mêlent aux larmes, notre réalité au rêve et à la fiction. Par le partage de cet instant éphémère, affirmons ensemble, acteurs et spectateurs, notre besoin de théâtre, ici, à Fontaine-Guérin, simplement et joyeusement.


L’enfant sauvage

les 18, 20, 22, 24 et 26 août à 11h [création]

L’enfant sauvage est l’histoire d’une énigme, celle d’un être en déséquilibre entre le monde des mots et celui des cris. Cet enfant, comme d’avant toute Histoire, traversera l’expérience miraculeuse de la découverte du langage. L’écho de nos premiers mots, ceux qui nous ont permis d’affronter le monde et de l’aimer, retentira comme un balbutiement de notre innocence oubliée, archaïque et joyeuse.


La vie treshorrificque du grand Gargantua
/ Rabelais

les 19, 21, 23, 25 et 27 août à 11h [reprise]

Gargantua a faim. Faim de vin, faim de bouffe, faim de livres, faim de tout, faim jusqu’à la fin. Il parle toutes les langues, la françoise, la latine, la grecque et l’inventée.

Pour raconter son histoire, quatre acteurs plongent dans l’enfance du français, un monde magique où l’on peut tout dire, tout faire, tout penser, avec l’imagination pour seul guide, et pour seule arme, le rire.


Feu la mère de Madame
/ Feydeau

les 30 juillet, 1er, 8 et 9 août à 20h30
les 22, 23 et 28 août à 16h [création]

Une chambre, un lit, tard dans la nuit. Un couple explosif composé d’une femme endormie et d’un homme ivre qui a oublié ses clés. Une domestique alsacienne et un messager ahuri pour engendrer une situation bien évidemment rocambolesque. Avec cette pièce courte écrite à la fin de sa carrière, Feydeau revient à l’essentiel pour se jouer encore plus de la médiocrité de la bourgeoisie parisienne. Ses héros, victimes malheureuses de sa plume, n’en demeurent pas moins attachants. Peut-être parce qu’ils semblent encore plus proches de nous ?


Vilar, Vitez, les deux V

le 19 août à 16h [lecture]

Un échange esthétique et philosophique. De 1950 à 1990. Le théâtre populaire d’après-guerre, Mai 68, les années 70-80. Par son témoignage, Jack Ralite, homme politique, militant, spectateur de théâtre passionné et passionnant, nous permet de côtoyer Vilar et Vitez, tous deux comédiens et metteurs en scène, hommes de théâtre nommés à la tête de grandes institutions, semblables et différents, préoccupés également par l’élargissement du public, l’élargissement du répertoire, portés par un grand amour des comédiens et un sens civique sans faille.


La Scène natale, Copeau, 
Dullin, Jouvet de 1911 à 1923

le 20 août à 16h [lecture]

Jacques Copeau. Le Manifeste pour un théâtre d’Art. Le Théâtre du Vieux Colombier. La guerre. L’Amérique. Un théâtre marginal qui a fécondé toute la suite. Pour reprendre l’expression forte de René Char, un «héritage sans testament». Une fantastique école. Une période fondatrice aux enjeux pas si éloignés des nôtres.

Chers amis, cher public,

L’année prochaine, nous créerons Œdipe-Roi et Œdipe à Colone de Sophocle sur le plateau de Fontaine-Guérin : un poème dramatique vieux de 2500 ans, la troupe du Nouveau Théâtre Populaire… et vous !

Comme toutes les tragédies antiques, la pièce est constituée du dialogue entre des protagonistes et un chœur. Dans le théâtre grec, ce chœur était interprété par des acteurs amateurs tirés au sort. A l’heure où vous avez permis par votre présence et votre soutien le rachat de la maison de Fontaine-Guérin, nous voulons franchir une nouvelle étape : c’est pourquoi nous vous proposons pour la première fois de partager le plateau avec nous.

La pièce 

L’histoire d’Œdipe est celle d’un homme qui commet sans le savoir la violation de deux interdits fondamentaux : l’inceste et le parricide. Quand la pièce commence, la Peste s’abat sur Thèbes. Les Dieux, par la voix d’un oracle, annoncent que le fléau n’épargnera pas les Thébains tant qu’ils n’auront pas retrouvé et châtié le meurtrier de Laïos, l’ancien roi de Thèbes. Œdipe, le nouveau roi, se lance alors dans une enquête tragique : il ignore encore qu’il est lui-même l’assassin de Laïos, il ignore que Laïos est son propre père, il ignore donc que sa femme, Jocaste, est sa propre mère. A force d’interrogatoires, il découvre la vérité.

Pourquoi Sophocle ?

Ajouter le théâtre antique à notre répertoire nous apparaît comme une nécessité et une évidence. Ce théâtre est le témoignage d’une société où le théâtre était une véritable institution civique. Sa pratique, jusque dans ses caractéristiques les plus concrètes, était comparable à celle du Nouveau Théâtre Populaire (théâtre de la parole, sans artifices, théâtre de plein air, théâtre adressé à tous et à chacun, rendez-vous annuels, art étranger à tout souci de rentabilité, dimension politique importante…) Sophocle est témoin d’un monde où tout est à réinventer – le théâtre, mais aussi la politique, le droit, la relation aux mythes. Il nous encourage à refonder perpétuellement, par la tragédie, la conscience de notre existence collective – ce que nous tentons de faire ensemble dans un monde toujours plus fragmenté, toujours plus virtuel, d’où la compassion est chaque jour plus absente.

Notre objectif 

Constituer un groupe de dix acteurs amateurs motivés, de tous âges, aussi différents que possible les uns des autres, pour incarner le chœur tragique. Ce chœur est une image de la Cité, c’est-à-dire qu’il est le porte-parole de ses inquiétudes politiques, de son souci de la justice et de sa soif de sens.

Les conditions requises

• Etre âgé de seize ans ou plus
• Avoir déjà assisté à une ou plusieurs représentations du Nouveau Théâtre Populaire
• Etre autonome pour les questions de transports, de gîte et de couvert
• Etre disponible aux dates de répétitions et de représentations

Le planning

– 15 février : fin de l’appel à participation
– 22 février : une journée d’audition est organisée pour constituer le groupe
– 1er mai : nous vous livrons le texte à apprendre en vue des répétitions
– du 23 au 29 juin : répétitions préparatoires (après-midi et soir) en présence des acteurs principaux
– du 23 juillet au 12 août : répétitions (matin ou après-midi)
– du 13 au 26 août : représentations (un soir sur trois)

Remarques

Aucune expérience théâtrale n’est requise pour proposer votre participation. Votre générosité, votre sens du groupe, votre capacité de concentration, votre désir de découvrir le théâtre de l’intérieur sont les seules qualités requises.
– Cette initiation, en cohérence avec l’esprit du festival, est totalement gratuite. Etant intégrés à la vie de la troupe pour la durée de cette édition, vous trouverez facilement mille autres manières de nous aider à mener à bien notre projet collectif !
– Pour réinventer cette parole chorale, notre spectacle nécessitera une part de travail musical. Le chœur sera aussi un chœur de percussionnistes. Là encore, aucune compétence préalable n’est nécessaire, cette initiation sera assurée par un percussionniste professionnel.
– La journée d’audition n’est pas une évaluation de vos qualités d’acteurs. C’est pour nous un passage obligé, car le spectacle ne permet pas d’engager plus de dix choreutes. Nous avons besoin de cette journée de rencontre pour constituer un groupe hétérogène et équilibré.

Comment nous contacter ?

Si vous êtes disponible à toutes les dates de répétition et de représentation, vous pouvez proposer votre participation. Il vous suffit pour cela de nous écrire à cette adresse avant le 15 février : oedipe[at]festivalntp.com Nous vous contacterons au plus vite pour organiser la journée du 22 février.

Depuis six ans, vous avez soutenu l’aventure du Nouveau Théâtre Populaire par votre présence. La vitalité de cette troupe tient à sa réinvention perpétuelle, à la quête ininterrompue d’un théâtre réellement populaire. Aujourd’hui, nous espérons que vous serez nombreux à répondre à cet appel ! Que ce soit sur scène ou dans le public, nous avons hâte de vous retrouver pour cette septième édition qui s’annonce haute en couleurs.

A bientôt !

Lazare, et toute la troupe du Nouveau Théâtre Populaire.