de William Shakespeare
Traduction d’Yves Bonnefoy
Mise en scène de Léo Cohen-Paperman
Collaboration artistique et piano : Sacha Todorov

Avec :
Valentin Boraud : Hamlet
Frédéric Jessua : Claudius
Julien Campani : Le Spectre / le comédien
Morgane Nairaud : Gertrude
Antoine Philippot : Polonius
Clovis Fouin : Laërte
Claire Sermonne : Ophélie
Baptiste Chabauty : Horatio
Joseph Fourez : Guildenstern / Francisco / le fossoyeur
Philippe Canales : Rosencrantz / Bernardo

Hamlet raconte l’histoire d’un jeune homme qui a perdu son père – assassiné par son propre frère, Claudius – et sa mère Gertrude – qui épouse ce même Claudius en secondes noces. Shakespeare écrit Hamlet pour dire le scandale de la mort, l’amour absolu d’un fils pour son père et le passage nécessaire et douloureux d’un temps à un autre temps, d’un règne a un autre règne, d’un âge à un autre âge – des ténèbres a la lumière. Pour le NTP aussi, c’est un pas de plus vers un autre âge que de se mesurer à la pièce des pièces.
Après Roméo et Juliette et Macbeth, j’ai le plaisir de continuer mon exploration des grandes tragédies de Shakespeare au Festival du Nouveau Théâtre Populaire. Je crois profondément que Hamlet est la suite de Roméo et Juliette ; comme Roméo, Hamlet est un intellectuel sombre, un jeune premier nocturne, un homme témoin de l’état de crise inhérent à notre condition de mortels. Hamlet est une pièce frontière, qui raconte le moment où l’humanité ne sait plus si elle doit se fier aux croyances anciennes ou au progrès. Le Spectre ou Horatio ? Claudius ou Fortinbras ? C’est aussi ce qui fait, à mon sens, la force de l’oeuvre aujourd’hui.
Mettre en scène Hamlet a valeur de manifeste. La pièce de Shakespeare me demande : quel théâtre veux-tu ?
Le Festival du Nouveau Théâtre Populaire apporte une première réponse : nous sommes les artisans du Songe d’une nuit d’été – ceux qui font trop avec trop peu, ceux qui ne sont pas à la mode, ceux qui font naître l’art de la planche de pin maritime, de la guinde en chanvre et du rideau tendu entre deux mâts. Sur ce plateau de bois qu’ils ont construit de leurs propres mains, les acteurs joueront Hamlet.
Hamlet, c’est la nuit. La couleur dominante du spectacle sera le bleu – un bleu profond, philosophique, spirituel – proche de celui qui représente le ciel dans la basilique Saint-Pierre, à Rome. Un bleu de beauté et qui dessine déjà un monde et un ciel en crise. De nombreux éléments de costume et accessoires reprendront ce thème chromatique.
Hamlet fait du théâtre le lieu où les morts reviennent et parlent au vivant – c’est cela qui hante nos nuits, c’est pour cela que cette pièce nous obsède. L’objet central de la représentation sera donc le cercueil – ou plutôt quatre cercueils bleus, qui désigneront à la fois les entrées et sorties, les quatre points cardinaux de la scène (notre Nord est le lointain ; notre Est, le jardin ; notre Ouest, la cour ; et notre Sud, le devant) et feront du Cimetière un lieu familier des spectateurs. Comme pour mieux dire que la Mort et le Théâtre sont les deux horizons qui nous rassemblent pour former une communauté humaine.