Adaptation et mise en scène : Emilien Diard-Detœuf et Sophie Guibard

Avec :
Valentin Boraud :  Serafin Calobarsi
Julien Campani : Alain Crasbefrois
Baptiste Chabauty : Alcofribas Nasier
Sacha Todorov : Isabel Carransoif

Costumes : Juliette Gaudel
Scénographie : Nayel Zeaiter

Administration et production : Lola Lucas, Frédéric Jessua
Régie générale : Thomas Chrétien

 

« Mieulx est de ris que de larmes escrire,
Pour ce que rire est le propre de l’homme »

Pénétrez avec nous dans le cabinet de Rabelais, enfant de la région – il est né à Seuilly, à 60 kilomètres de Fontaine-Guérin – et ogre mal connu de la littérature française. « Gargantuesque », « pantagruélique », c’est Rabelais ! « La substantifique moëlle », c’est Rabelais ! Les guerres « picrocholines », « enfiler les perles », « vogue la galère », « appeler un chat un chat », « revenir à ses moutons », Rabelais, encore Rabelais ! On ne soupçonne pas l’influence de l’auteur sur le français d’aujourd’hui.  La langue de Rabelais, vieille de cinq cents ans, est si concrète, si imagée, si savoureuse, que nous n’avons pas voulu en changer un mot : c’est dans sa langue d’origine, le françois, que nous raconterons la vie de ce gigantesque goinfre, figure légendaire du XVIe siècle, enfant de la culture humaniste.

La Vie treshorrificque du grand Gargantua est un spectacle sur la possibilité de tout apprendre et de tout penser, sans aucune censure. Tout apprendre, tout penser, et tout dire : le comique, le grotesque, le pathétique, le scatologique, le scientifique, l’astronomique, tout, tout et tout. Sauf l’obscurantique : pas de fausse connaissance, pas d’érudition vaine, pas de curiosité feinte. L’étonnement ne peut pas être trahi.

La Vie treshorrificque du grand Gargantua est aussi un spectacle sur la liberté de la langue, qui est le début de toute liberté. Pouvoir tout dire, c’est pouvoir aborder  tous les sujets, de l’église à la matière fécale ;  c’est aussi pouvoir dire tous les mots, même les mots inventés. Pour que l’homme se libère, il faut qu’il libère sa capacité à parler. Il faut qu’il libère sa langue. Après Rabelais, l’orthographe s’académise, la pensée se soumet à la raison, la langue se range sous l’empire des lois. Pourtant le souvenir des géants reste dans les mots : la liberté a laissé une trace écrite et orale dans l’ordre établi. La Vie treshorrificque du grand Gargantua, c’est l’enfance du français, une enfance libre, facétieuse, bâtarde dont le français adulte se souvient avec émotion, comme d’une époque d’insouciance et de gaieté.