Vie et mort de sept rois

Texte : Léo Cohen-Paperman et Sacha Todorov en collaboration avec les comédiens du spectacle
Mise en scène : Léo Cohen-Paperman
Collaboration artistique et piano : Sacha Todorov

Avec :

Pauline Bolcatto : Pierre Mendès-France, La République, Foule de Mai 68, La Mort, Elisabeth Hubert, Elisabeth Guigou, Cécilia Sarokzy, Carla Bruni, Eva Joly, Laurence Ferrari.
Valentin Boraud : André Le Troquer (Président de l’Assemblée Nationale le 1er juin 1958), Porte-Drapeau, Soeur Sourire, Evariste, Jean-Michel Royer, Jacques Chaban-Delmas, Laurent Fabius, François Autain, Pierre Mauroy, Pierre Bérégovoy, Lionel Jospin, Ségolène Royal, François Hollande.
Julien Campani : Jacques Soustelle, Danton, Jacques Chirac, Nathalie Arthaud.
Philippe Canales : Valéry Giscard d’Estaing, Un Résistant, Maurice Challe, Soeur Sourire, Evariste, un médecin, Joseph Franseschi, Laurent Fabius, Robert Badinter, Pierre Mauroy, Edouard Balladur, Jean-Louis Debré, François Bayrou.
Emilien Diard-Detœuf : François Mitterrand, Dominique de Villepin, Jean-Pierre Chevènement, Journaliste, Jacques Cheminade.
Joseph Fourez : Georges Bidault, Soldat de 14/18, Georges Pompidou, Eddy Mitchell, Jacques Delors, Jack Ralite, Pierre Mauroy, Edwy Plenel, Guillaume Durand, Alain Juppé, Hubert Védrine, Grand Chancelier de la Légion d’Honneur, Philippe Poutoux.
Sophie Guibard : Guy Mollet, Foule de Mai 68, Jacqueline Baudrier, Michèle Cotta, Jacques Séguéla, Laurent Fabius, André Henri, Georges Fillioud, Pierre Bérégovoy, Nicolas Sarkozy.
Morgane Nairaud : Léopold Sédar Senghor, Assassin du Petit Clamart, Foule de Mai 68, Claude Pompidou, Marie-France Garaud, Georgina Dufoix, Pierre Mauroy, Martine Aubry, Marine Le Pen.
Antoine Philippot : Charles De Gaulle, Alain Duhamel, Jean Boissonnat, Pierre Mauroy, Robert Badinter, Jack Lang, Max Gallo, Elie Vannier, Alain Madelin, Jean-Pierre Raffarin,  Bernard Kouchner, Nicolas Dupont-Aignan, Laurent Delahousse.
Loïc Riewer : Jean-Marie Le Pen, André Malraux, Maurice Thorez, Foule de Mai 68, Pierre Juillet, Charles Pasqua, Jacques Toubon, Dominique Strauss-Kahn, Jean-Luc Mélenchon.

Costumes : Zoé Lenglare

Administration et production : Lola LucasFrédéric Jessua
Régie générale : Thomas Chrétien

 

Le Jour de gloire est arrivé raconte l’odyssée grotesque et sublime de la politique française sous la Cinquième République : de 1958 à nos jours.

Nous sommes unis par une histoire commune ! Et si nous consentions à écrire un récit – insistons sur le mot récit – collectif ? Et si nous faisions théâtre de cette histoire ? C’est le projet que la troupe du Nouveau Théâtre Populaire a décidé de prendre à bras le corps. Nous avons choisi, collectivement, de nous emparer de la grande Histoire, du Général de Gaulle à François Hollande, avec les armes du théâtre. Ni accusateurs, ni hagiographes, nous voudrions nous emparer joyeusement de ces cinquante-sept dernières pour écrire, en deux heures, la chronique de nos origines.

Nous aimons, comme le chante Lear, « chanter, prier, raconter des histoires héroïques, se moquer avec les pauvres de la vie des puissants, qui triomphent et qui perdent, qui gouvernent et qui tombent, et se moquer de ces papillons d’or fragiles, s’approcher doucement des mystères de l’être comme si nous étions des espions de Dieu. » L’origine, l’incarnation et la personnalisation du pouvoir sont comme le feu : ils réchauffent en même temps qu’ils brûlent.

Deux idées fondatrices, donc : le passé comme constitution d’un héritage commun et la fascination – en même temps que le dégoût – pour ceux qui nous gouvernent. Nous proposons ainsi l’hypothèse suivante : Le Jour de Gloire est arrivé racontera l’histoire de sept rois – Charles de Gaulle, Georges Pompidou, Valéry Giscard d’Estaing, François Mitterrand, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande – de sept rois, et de leurs cours, de leurs femmes, de leurs luttes, de leur élévation et de leur déchéance.

Sept rois, donc sept théâtres. En travaillant sur le spectacle, j’ai beaucoup pensé à Shakespeare. On revient toujours à la source du théâtre occidental. Le titre complet de Richard III, c’est La Vie et la Mort du Roi Richard III. Pourquoi Shakespeare ? Parce qu’au fond, ses pièces historiques avaient la même fonction : réunir un public autour d’une histoire et traiter ses presque contemporains comme des mythes – et donc, faire mythologie commune, et donc formuler par la parole et la chair ce qui constitue une part de notre identité et de notre héritage.