Traduction : Ruth Orthmann et Eloi Recoing
Mise en scène : Sacha Todorov
Collaboration artistique : Pauline Bolcatto
Costumes : Zoé Lenglare
Habillage : Manon Naudet
Construction du mât : Eric Szczuczynski et ses collaborateurs
Régie générale : Thomas Chrétien
Administration et production : Lola Lucas assistée de Léonie Lenain

Avec :
Moustafa Benaïbout : le prisonnier / le messager
Pauline Bolcatto : Méroé
Julien Campani : Ulysse
Baptiste Chabauty : Adraste
Louise Coldefy : Astérie
Clovis Fouin : Diomède
Elsa Grzeszczak : Prothoé
Morgane Nairaud : Penthésilée
Antoine Philippot : Achille
Julien Romelard : Antiloque
Claire Sermonne : la grande prêtresse

et les cavalières :
Victorine Cesbron : Mégaris
Ikel Josse : Automédon

Les acteurs ont été formés à l’équitation au Peggy Paint Ranch d’Ikel Josse, qui a également mis à disposition les chevaux Pablo et Chinouk.

Durée : 1h55

 

Avec Penthésilée, nous avons voulu revenir aux fondamentaux du Nouveau Théâtre Populaire : des acteurs, un plateau de bois et un grand poème. Car c’est bien un poème que cette pièce étrange, où l’action semble presque un prétexte pour découvrir le paysage d’une âme. On a beaucoup dit que Kleist dans cette pièce avait, près d’un siècle avant Freud, découvert l’inconscient ; il est sûr en tout cas qu’il plonge dans les passions les plus sombres et les plus interdites.

La guerre de Troie lui fournit pour cela le cadre idéal. Cette époque sauvage, antérieure au christianisme, lui permet de rêver des personnages ignorants de tout péché, où les pulsions peuvent s’exprimer au grand jour avec une puissance et une brutalité inouïes ; mais surtout, ce contexte guerrier lui permet d’explorer à l’infini les échos entre la violence des armes et la violence de l’amour. Violence envers l’être aimé – et rares sont les textes qui ont tant regardé en face comme on peut vouloir faire souffrir ce que l’on aime ; et violence envers celui qui le ressent, tant cette passion peut être dévastatrice – surtout au temps de la jeunesse, alors que l’orgueil est comme une cloche incessante, alors que les désirs ignorent encore leurs noms.

En montant cette pièce, nous voulons proposer un moment à part, suspendu comme un rêve, où comme dans les rêves ce qui est interdit au grand jour – s’incarne. Ces personnages n’ont rien de modèles ; mais nous avons tous en nous un Achille, une Prothoé, une Penthésilée – libre à nous de leur faire place ou non. Avec Kleist nous vous proposons, le temps d’une pièce, de les écouter – comme on peut dans un zoo voir de très près les fauves.

Sacha Todorov