En 2018, après 37 créations, et près de 47.000 spectateurs, nous fêterons la dixième édition du festival du Nouveau Théâtre Populaire. La troupe a voulu fêter cet anniversaire en réalisant un de ses plus grands rêves : faire un festival hors cadre, hors format, hors logique, ayant pour principe de rassembler tous les spectacles autour de l’œuvre d’un seul auteur.

Cet auteur, ça sera Balzac !

En août 2018, nous créerons donc :

Illusions perdues d’après Balzac

Splendeurs et misères des courtisanes d’après Balzac

La Peau de chagrin d’après Balzac

La Duchesse de Langeais d’après Balzac

Honoré, vie balzacienne

Grandes espérances, d’après Dickens

Pourquoi ce projet ? 

Parce qu’il est temps de faire la très grande fête ! Nous sommes animés d’une soif formidable de théâtre et nous rêvons depuis longtemps de faire un spectacle–monde ; et nous pensons que le festival du Nouveau Théâtre Populaire est pour cela l’endroit rêvé.

Pourquoi Balzac ?

Parce qu’il est visionnaire. D’une certaine façon, ses livres sont notre Genèse. Ils posent les jalons de notre époque et nous permettent de mieux comprendre le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui.

Ces romans, malgré leurs différences de tonalité, ont pour trait commun de ne jamais idéaliser ni les personnages, ni le monde dans lequel ils vivent. Individualisme destructeur, égoïsme calculateur, ambitions meurtrières ; règne arrogant du journalisme qui broie la poésie ; emprise du capitalisme financier, qui lie les hommes par des dettes impossibles… Balzac regarde les hommes tels qu’ils sont, sans les magnifier, mais sans les blâmer. Il voit et écrit ce qui est.

Chacune des œuvres choisies est différente, mais toutes participent à l’idée folle de Balzac : recenser de façon totale le monde tel qu’il est. Et toutes participent au coup de génie de la Comédie Humaine ; que chaque œuvre, tout en étant autonome, soit en même temps une partie d’un grand Tout. Et c’est à ce coup de génie que veut rendre hommage cette édition, en faisant en sorte de tisser des échos et des jeux de miroir entre tous les spectacles.

Notre ambition sera de traduire cette soif d’écriture, d’épique, de personnages. Comment ? Par un rythme radicalement vigoureux, par un rapport ludique et désinvolte à l’écriture et par un pont sans cesse jeté entre le passé de l’écriture et le présent du théâtre ; nous tenterons de ressusciter la vigueur balzacienne, si singulière en ceci qu’elle jouit de tout (et surtout d’illusions et de destins tragiques) et ne se désole de rien.