De Victor Hugo

Mise en scène : Sacha Todorov
Assistanat à la mise en scène : Julien Romelard

Les 14, 17, 20 et 23 août à 20h30 et le 25 à 21h45
Durée : 2h05

Avec :
Pauline Bolcatto : Lavandière, page, Covadenga, Alcade
Valentin Boraud : Alguazil, huissier, Camporeal, muet, duègne
Léo Cohen-Paperman : Alguazil, marquis de Sant-Cruz, duègne, Montazgo, muet
– Emilien Diard-Detœuf : Don Salluste
Clovis Fouin : Alguazil, marquis del Basto, duchesse d’Albuquerque, don Manuel Arias, laquais
Joseph Fourez : Ruy Blas
Sophie Guibard : Comte d’Albe, Casilda, Priego, page, alguazil
Lazare Herson-Macarel : Don César
Morgane Nairaud : Doña Maria de Neubourg
Antoine Philippot : Gudiel, Guritan, Ubilla

Administration, communication, intendance : Frédéric Jessua , Lola Lucas

L’histoire est devenue mythique : un serviteur, Ruy Blas, est amoureux de la reine. Quand son maître Salluste le déguise en ministre et le charge de séduire cette femme, Ruy Blas ne soupçonne pas le plan infernal dont il fait partie ; mais Salluste ne soupçonne pas le ministre qu’il vient de créer.

Courtisans qui se servent du pouvoir à des fins personnelles, société malade d’être dominée par un groupe sans morale, monde où la naissance a plus d’importance que le mérite : l’évidente charge politique que porte Ruy Blas justifierait à elle seule de continuer à jouer la pièce aujourd’hui. Mais sa dimension politique va au-delà de cette simple dénonciation : c’est un acte de don au public. Offrir « Tout à tous », telle était la devise d’Hugo ; transformer toutes les choses en poème pour mieux pouvoir les partager, parce que le poème réalise ce miracle de nous faire voir le monde où nous sommes plongés. C’est la seule véritable richesse, celle que les laquais possèdent autant que les rois, celle qui ne s’épuise pas de se partager : cet enrichissement de la vision du monde, cette musique de mots qui transfigure le réel, cette libération de l’angoisse grâce à sa reconnaissance.
C’était, plus particulièrement, le but qu’il assignait à son théâtre, en ce que le théâtre est le lieu du partage et du rassemblement ; c’est, pour les mêmes raisons, l’ambition du Nouveau Théâtre Populaire. En l’occurrence, que veut-on offrir ? Une fable politique, donc ; mais aussi une histoire d’amour ; plus encore un drame existentiel, qui met en lumière le hasard d’être tel homme ou tel autre.
Et pour donner en partage ce poème qui d’un même mouvement affirme et démontre que la seule richesse est celle de l’âme, on ne saurait rêver meilleur endroit que ce plateau de bois… Sacha Todorov

Victor Hugo (1802-1885):

Né d’une mère royaliste et d’un père républicain, Hugo fut d’abord poète de cour ; mais il devient le chef de file de l’école romantique. (Cromwell, 1827), et l’engagement politique croissant de son œuvre (Le Dernier jour d’un condamné, 1829) est vu d’un mauvais œil, cependant que l’audace de son théâtre lui vaut les foudres de la censure (interdiction de Marion de Lorme en 1829). La bataille d’Hernani accompagne la révolution de 1830, et inaugure l’ère du théâtre romantique : Lucrèce Borgia (1833), Angelo (1835), Ruy Blas (1838).
Encore proche des cercles de pouvoir sous la monarchie de Juillet — académicien en 1841, pair de France en 1845 —, son intransigeance croissante le rend gênant : au coup d’État de 1851, il est exilé. Son exil durera vingt ans : c’est alors qu’il écrit ses plus grandes œuvres, Les Châtiments (1853), Les Contemplations (1856), La Légende des siècles (1859), Les Misérables (1862). Il ne revient en France qu’à la chute de l’Empire en 1870 ; là, par son engagement (élu sénateur en 1876) comme par son œuvre — L’Année terrible (1872), Quatrevingt–treize (1874), il continue jusqu’à sa mort à se consacrer à ses combats.