Le Cercle de craie caucasien

Le Cercle de craie caucasien

de Bertolt Brecht

L’Arche est l’agent théâtral de Bertolt Brecht
Traduction de Georges Proser

Mise en scène et scénographie : Emilien Diard-Detoeuf
Collaboration artistique : Antoine Philippot
Composition et répétitions musicales : Antoine Philippot et Sacha Todorov

les 13, 16, 19 et 22 août à 20h30.
Durée : 1h40

Avec:
– Pauline Bolcatto : Le Brigadier, La femme de chambre, une invitée de l’enterrement, Ludovica
– Valentin Boraud : L’aide de camp, un musicien, le deuxième homme, Youssoup, un homme d’armes
– Baptiste Chabauty : Un mendiant, Simon Chachava, un musicien, le premier homme, le fugitif (le Grand Duc)
– Augustin et Jules Delaunay : Michel Abaschvili, le grand garçon (Augustin)
– Emilien Diard-Detoeuf : Un vieil homme
– Joseph Fourez : Un homme d’armes, la cuisinière, Laurenti, un autre homme d’armes
– Elsa Grzeszczak : Le prince obèse Kazbeki (frère du Gouverneur), une voyageuse, une paysanne, Aniko (la belle-sœur), une invitée de l’enterrement, un homme d’armes
– Sophie Guibard : Groucha Vachnadzé, la mère Géorgie
– Lazare Herson-Macarel : Un mendiant, la gouvernante, l’hôtelier, un invité de l’enterrement, Bizergan Kazbeki (neveu du Prince obèse), un homme d’armes, le deuxième avocat
– Frédéric Jessua : Un mendiant, le laitier, Azdak
– Morgane Nairaud : Natella Abaschvili (la femme du Gouverneur), une voyageuse, une marchande, la belle-mère
– Antoine Philippot : Le Chanteur
– Julien Romelard : Un mendiant, le valet d’écurie, Tête de Bois, un invité de l’enterrement, Chauva
– Sacha Todorov : Le Gouverneur Abaschvili, un musicien, le moine, le premier avocat

Le monde a changé, les inquiétudes demeurent. L’époque de Brecht a rêvé un communisme que notre époque a enterré. Mais l’amour de l’autre est encore aux prises avec l’individualisme. L’égoïsme côtoie toujours la bonté. La sollicitude marche toujours dans les pas de la cruauté.

Le Cercle 1

Le Cercle est l’expérience d’une femme traversant un pays où partout elle est une étrangère ; la pièce raconte sa lutte pour survivre à la chasse lancée contre elle et l’accueil que lui réservent ceux qu’elle rencontrent. Chacun sur sa route a son intérêt à défendre, légitime et sensé, impossible à laisser tomber. « Où sont les vrais gens ? ». Ils existent, mais en petit nombre. Azdak, Simon…La résistance est l’étoile poursuivie par tous et servie par quelques-uns, irréductibles.

« Comment fait-on du Brecht ? » est une mauvaise question. Il faut se demander « que dit-on avec du Brecht ? ». Lui qui recyclait les antiques pour les rendre moins éternels et un peu plus actuels, faudrait-il maintenant le célébrer dans des mises en scène solennelles ? Ne nous a-t-il pas appris à nous emparer de ce que le passé nous a transmis ? N’est-ce pas en leur offrant une vie nouvelle plutôt qu’une vie au musée que les monuments perdurent ? Voilà notre charge, à nous jeunes artistes dramatiques, la seule qui vaille : ne faire avec Brecht que du théâtre. Tout comme nous le faisons avec Shakespeare, Feydeau, Hugo, Molière, etc. Y mettre la vie telle que notre époque nous la fait vivre. Concilier l’impératif de respecter l’œuvre du maître et l’exigence urgente de parler de notre époque, tel est notre sacerdoce. Notre recherche parfois douloureuse d’équilibre, notre insatisfaction joyeuse, notre paradoxe permanent.
Je voudrais parler de notre quête utopique, née d’une lassitude. Je voudrais parler d’une génération, la mienne, qui se défie de la politique mais qui ne rêve que d’engagement ; je voudrais parler de notre attention toujours plus scrupuleuse à la marche générale du monde et de l’inconsolable nécessité de nous en extraire.
Je voudrais parler de nos contradictions. Emilien Diard-Detoeuf

Le Cercle 4